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Trump va décider de l'orientation de la Cour suprême pour les 20 années à venir

Le contrôle du Congrès par les républicains permettra à Donald Trump d'avoir la main sur le processus de nomination des juges de la Cour suprême. Un enjeu crucial tant l'institution détermine l'orientation du pays sur les grands sujets de société.

Onze noms. Ils sont tous blancs et conservateurs. Leur troisième point commun ? Ils apparaissent sur la liste que Donald Trump, désormais président élu des États-Unis, avait dévoilée en mai 2016 pour la nomination du neuvième juge de la Cour suprême.

Depuis le décès, le 13 février dernier, du magistrat Antonin Scalia, pilier de la droite conservatrice, le collège est tombé à huit – quatre conservateurs, quatre progressistes. Le Sénat (républicain) ayant refusé obstinément depuis huit mois d'adouber le magistrat Merrick Garland, choisi par Barack Obama, ce sera à Donald Trump de proposer un futur remplaçant.

En effet, lorsqu'un des juges de la Cour suprême décède ou part en retraite, le président en exercice nomme son successeur, à vie. Cette nomination, qui doit être confirmée par le Sénat, aura probalement des conséquences pour toute une génération.

Parmi les prétendants figurent le juge fédéral catholique William Pryor, qui estime que la loi autorisant l'avortement est la "pire abomination de l'histoire du droit", ou la juge Diane Sykes, l'une des trois femmes de la liste, qui a fait parler d'elle en infirmant un jugement restreignant les stands de tirs à Chicago. Des candidats qui partagent les valeurs et la sensibilité politique de l'ex-homme d'affaires, ce qui lui assure leur soutien pour la mise en œuvre de ses grands projets de société.

"La Cour suprême c'est vraiment ça qui compte"

La Cour suprême, enjeu crucial aux États-Unis tant elle détermine la direction du pays, tranche en effet régulièrement des grands débats comme celui relatif au droit à l'avortement, un droit sur lequel Donald Trump a promis de revenir pour satisfaire l'aile la plus conservatrice de son parti. Elle devrait aussi se pencher sur la réforme de l'assurance-maladie mise en œuvre par Barack Obama, l’Obamacare, que le nouveau président déclare vouloir abroger dans les cent premiers jours de son mandat.

"La Cour suprême c'est vraiment ça qui compte", avait assuré Trump lors de sa campagne. Non seulement le président élu se retrouve en position de nommer lui-même le neuvième juge, mais son choix sera forcément approuvé par le Sénat qui a conservé sa majorité républicaine. Qui sera ce neuvième juge, appelé à lever les menaces de blocage planant sur la cour, puisqu'elle comptera cinq membres conservateurs et quatre progressistes ?

Le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants par les républicains leur permet désormais d'avoir la haute main sur le processus de nomination des plus hauts responsables gouvernementaux et donc celui des juges de la Cour suprême.

Avec AFP