
La Turquie poursuit ses bombardements sur les forces kurdes syriennes au nord d'Alep. Une source de tension supplémentaire dans le bras de fer international qui oppose partisans et opposants à Bachar al-Assad.
L’armée turque a bombardé des positions de combattants kurdes en territoire syrien pour la deuxième journée consécutive, dimanche 14 février, alimentant du même coup les tensions internationales qui se concentrent autour de la Syrie.
Ces tirs turcs ont en effet été dénoncés à la fois par le régime syrien, la France et les États-Unis, tandis que l’Iran et la Russie surveillent de près les agissements d’Ankara. La Turquie, farouchement opposée tant au maintien au pouvoir de Bachar al-Assad qu’à la progression des Kurdes syriens à proximité de sa frontière, envisage en effet de lancer avec l'Arabie saoudite une opération terrestre contre les jihadistes du groupe État islamique (EI) en Syrie.
Cette situation explosive ne laisse guère d’illusions quant à une résolution prochaine du conflit syrien, malgré l’accord de "cessation des hostilités" conclu vendredi 12 février au terme d’une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG).
Azaz, point stratégique
Les bombardements turcs ont visé plus particulièrement les positions du Parti kurde de l'union démocratique (PYD) aux alentours de la ville syrienne d'Azaz, dans la province d'Alep, à 5 km de la frontière turque. Ils répondaient à des tirs provenant de ces positions, a annoncé l'agence progouvernementale turque Anatolie. Damas a aussitôt condamné les bombardements turcs qui se poursuivent sur le nord de la Syrie et demandé à l'ONU d'intervenir.
Mais Ankara semble décidée à maintenir les Kurdes syriens à distance. "La Turquie a affirmé à maintes reprises qu’elle considère comme terroristes les forces kurdes syriennes au même titre que l’EI", explique Fatma Kizilboga, envoyée spéciale de France 24 dans la ville frontalière de Gaziantep. "Elle craint aujourd’hui que les forces kurdes finissent par contrôler une très large majorité de sa frontière avec la Syrie", une situation inacceptable pour les autorités turques.
Pour Fatma Kizilboga, il s’agit également d’un "message adressé à la Russie et aux États-Unis qui tous les deux considèrent ces forces kurdes comme alliées dans la lutte contre l’EI en Syrie". De fait, Washington compte de plus en plus sur les combattants kurdes syriens pour s'opposer à l’EI et a demandé samedi soir à Ankara de cesser ses bombardements.
Avec AFP