Les opérations de remorquage du cargo Modern Express, à la dérive depuis sept jours sans équipage à 50 km du littoral aquitain, ont réussi, selon les autorités maritimes. Le navire est actuellement éloigné des côtes.
L’opération de la "dernière chance" pour remorquer le cargo Modern Express, à la dérive depuis sept jours, est pour l’instant "un succès" ont annoncé lundi 1er février les autorités maritimes. Le navire de 164 mètres est actuellement tracté par le Centaurus, un remorqueur espagnol avec lequel il avait été connecté en fin de matinée. Ce dernier "a réussi à le pivoter, à lui mettre le nez vers le large, il a commencé le remorquage" et "le convoi fait actuellement route vers l'ouest à 3 noeuds" (5,5 km/h), a précisé le capitaine de frégate Louis-Xavier Renaux, porte-parole de la préfecture maritime Atlantique, lors d'un point presse à Brest.
Le but est désormais d’éloigner le Modern Express des côtes car le câble de remorquage peut "casser", notamment en raison de la houle qui restait importante en début d'après-midi avec des creux de 2,50 à 3 mètres, ainsi qu'en raison de la force de traction. "Si la remorque [le câble] casse dans l'heure qui vient, on sera dans la même situation que lundi matin", a averti le capitaine. Il faudra alors "repasser une remorque aujourd'hui" pour que le navire ne s'échoue pas.
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En cas d'échouage, des plans anti-pollution Polmar, Mer et Terre, seront déclenchés localement. Des brèches pourraient se produire dans les soutes à gazole du cargo lors de l'échouage, mais le préfet maritime a assuré qu'il "ne craint pas du tout de marée noire", le bateau ne transportant que 300 tonnes de gazole de propulsion. À titre de comparaison, le pétrolier Prestige, naufragé en 2002 au large de la Galice, transportait 77 000 tonnes de fioul.
#ModernExpress Le cargo continue de s'éloigner de la côte. Convoi actuellement à 65 km. Vidéo du remorquage pic.twitter.com/XDBOjH3ULv
— Premar Atlantique (@premaratlant) 1 Février 2016"Empêcher la marée noire"
La ministre de l'Écologie Ségolène Royal, a assuré dimanche qu'en cas de fuite seraient mobilisés "tous les moyens déjà sur place : la sécurité civile, le travail du préfet maritime, 70 militaires spécialisés, des barrages - des gros boudins qu'on met sur la mer pour empêcher la marée noire de venir". La ministre a estimé qu'il y a "une chance sur deux de réussir le remorquage".
Au total, cinq navires sont engagés dans l’opération de remorquage : la frégate de lutte anti-sous-marine Primauguet, avec à son bord un hélicoptère, deux remorqueurs espagnols, le remorqueur français L'Abeille Bourbon, affrété par la Marine nationale, ainsi qu'un bâtiment de dépollution.
Dimanche, une météo hostile, avec des rafales à 80 km/h le matin, à 50 km/h en fin de journée, des creux de près de 6 m, a empêché toute tentative d'hélitreuiller sur le cargo des experts en renflouement de la société néerlandaise spécialisée Smit Salvage, pour préparer le remorquage.
Le Modern Express, cargo récent (2001) immatriculé au Panama, naviguait du Gabon vers Le Havre lorsqu'il a émis mardi un signal de détresse à 280 km de la pointe Nord-Ouest de l'Espagne, à la suite d'une forte gîte (inclinaison latérale), probablement due à un désarrimage de sa cargaison de bois. Ses 22 hommes d'équipage, philippins, avaient été évacués par des hélicoptères espagnols.
Avec AFP