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À Hong Kong, les manifestants pro-démocratie appellent à une nouvelle journée de mobilisation ce mercredi 1er octobre, jour anniversaire de l'arrivée au pouvoir du Parti communiste en Chine et fête nationale dans le pays.

C’est dans une ambiance électrique que se déroulent les célébrations officielles de la fête nationale chinoise à Hong Kong mercredi 1er octobre. Sourds aux appels répétés du chef de l’exécutif local, des dizaines de milliers de manifestants continuent d’occuper les rues de plusieurs quartiers de la ville pour réclamer plus de démocratie.

La cérémonie de lever de drapeaux, ceux de la Chine et de la région administrative de Hong Kong, s’est néanmoins déroulée sans incident sur la place Bauhinia, mercredi matin. Pour la célébration du 65e anniversaire de l'arrivée au pouvoir du Parti communiste en Chine, la police anti-émeute s’est tenue à l’écart des manifestants qui ont, de leur côté, respecté l’appel au calme lancé sur Internet.

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Mais il n'en faudrait pas beaucoup pour rallumer la flamme. Après les violents heurts du week-end, d’aucun redoutait la reprise des hostilités. Certains contestataires ont sifflé lorsqu’a retenti l’hymne national tandis que le chef de l’exécutif de la région administrative spéciale, Leung Chun-ying, serrait la main de plusieurs de ses partisans. Les manifestants avaient initialement choisi la date du 1er octobre pour exprimer leur colère. Mais, craignant que les autorités ne les empêchent de se rassembler, ils avaient avancé le déroulement des manifestations.

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Hong Kong : "Pékin va essayer de pourrir le mouvement"

"L’impact sur l’image internationale de Hong Kong est de plus en plus fort"

Ni la cérémonie de la matinée, ni les orages et la pluie de la nuit n’ont entamé la motivation  des manifestants, en majorité des étudiants fédérés par le mouvement Occupy Central créé en janvier 2013, qui réclament des élections libres et la démission de Leung au pouvoir depuis 2012.

Ce dernier, mis en demeure par les chefs de file de la contestation de venir s’expliquer devant eux, a déclaré que Pékin ne céderait pas face à des manifestations considérées comme illégales, mais a également assuré que la police de Hong Kong serait capable d’assurer l’ordre sans l’aide de l’Armée populaire de libération (APL). "Le mouvement déplaît fortement à Pékin mais les autorités chinoises n'envisagent pas une répression violente, comme cela avait pu être le cas à Tiananmen", relativise Jean-Vincent Brisset, directeur de rechercher à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

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Dans un message publié mardi soir, l'édile a une nouvelle fois appelé les manifestants à quitter les lieux. L’impact sur l’image internationale de Hong Kong est de plus en plus fort, a-t-il plaidé.

Un mouvement appelé à durer

La Chine, à laquelle l’ancienne colonie britannique a été rétrocédée en 1997, administre Hong Kong suivant le principe "un pays, deux systèmes" qui garantit à cette dernière un degré d’autonomie.

Selon les organisateurs, au moins 80 000 personnes ont envahi les rues depuis que l’intervention policière musclée contre des étudiants, dans la nuit de vendredi à samedi, a galvanisé le mouvement démocrate. Aucune estimation indépendante n’a pu être fournie pour confirmer ce chiffre.

Se préparant à un mouvement appelé à durer, les manifestants se sont ravitaillés en fruits, bouteilles d’eau, biscuits, imperméables, serviettes, masques et toiles de tente. Sur l’un des lieux de manifestation, des camionnettes ont été garées en cercle afin de bloquer la rue.

Avec Reuters