
Le président de la Commission européenne a salué sur France 24 l'accord de coopération entre l'Union européenne et l’Ukraine dont le volet politique a été signé vendredi à Bruxelles.
Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk et les dirigeants européens ont signé vendredi 21 mars à Bruxelles le volet politique de leur accord d'association, à l'origine de la crise entre Moscou et l'Occident. Le texte, signé par les 28 dirigeants de l'UE, vise à arrimer l'Ukraine à l'Union, en engageant les deux parties dans une association politique et une intégration économique. Il ne prévoit cependant pas à terme d'adhésion de l'Ukraine.
Sur FRANCE 24, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est félicité de la signature de cet accord qui "scelle l’alliance entre l’Union européenne et l’Ukraine". "À mon avis, la meilleure réponse au comportement de Moscou, c’est de montrer qu’une Ukraine indépendante, stable, démocratique peut fonctionner en étant plus proche de l’Union européenne. C’est pourquoi l’accord que nous avons signé aujourd’hui est un accord historique", a-t-il expliqué
"Finalement, c’est ce que les Ukrainiens qui manifestaient dans les rues de Kiev et ailleurs en Ukraine réclamaient lorsqu’ils ont condamné un gouvernement qui avait paraphé un accord avec l’Union européenne mais n’était pas en mesure de le signer par des pressions russes", a poursuivi le président de la Commission européenne.
Seul le volet politique de l’accord a été signé pour l’instant, le volet économique devrait suivre. "L’Union européenne a déjà annoncé une aide de 1,6 milliard d'euros qui doit maintenant être approuvée dans les meilleurs délais par nos gouvernements, une fois l’accord du Fonds monétaire international afin d’avoir des garanties sur la façon dont cet argent est dépensé", a expliqué José Manuel Barroso.
Intégralité de l'interview de José Manuel Barroso
Une position ferme face à Moscou
Quant au positionnement européen face à l’attitude de Moscou, José Manuel Barroso a rappelé la "détermination" de tous les États membres de l’Union européenne. "On est en train de montrer qu’il y a des conséquences à des actes que l’on ne peut pas accepter au XIXe siècle. Nous avons pris des mesures politiques très très importantes qui montrent que l’Union européenne, et je crois même la communauté internationale, ne peut pas accepter ce genre de comportement." Et d’ajouter : "On ne considère plus la Russie dans le G8."
La Commission européenne a été chargée, vendredi, de préparer un nouveau round de sanctions si les choses s’accéléraient dans l’est de l’Ukraine. "On a pris certaines mesures ciblées contre certaines personnes (…) mais on a aussi demandé à la Commission de préparer des éventuelles mesures au cas où la déstabilisation continuerait. (…) Ce sont des mesures dans l’ensemble des secteurs économiques. Les chefs d’État et de gouvernement ont décidé de ne pas spécifier", a-t-il expliqué sans plus de précision.
Et de conclure sur ce point : "Notre objectif n’est pas des sanctions pour des sanctions, mais d’engager la Russie dans un comportement constructif. Nous voulons avant tout la paix et la stabilité."