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Éva Joly : "Le débat présidentiel a été dévoyé par des sujets xénophobes"

À la peine dans les sondages, la candidate d’Europe Écologie Les Verts à la présidentielle a accordé un entretien à FRANCE 24. Elle fait le point sur la campagne et déplore l’absence de débats sur les questions internationales.

À un mois et demi du premier tour de la présidentielle française, la campagne n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Tel est, en substance, le message qu’Éva Joly, la candidate d'Europe écologie Les Verts, a voulu faire passer, vendredi 9 mars, en marge d’une rencontre avec des candidats aux législatives dans des circonscriptions de l’étranger. Trop franco-français et parfois même "xénophobes", les débats peinent à prendre de la hauteur, selon elle.

"Je pense que le débat présidentiel a été dévoyé par des sujets xénophobes qui ont l’avantage, pour le gouvernement sortant, de camoufler son bilan catastrophique", a-t-elle lancé.

La candidate écologiste, originaire de Norvège, déplore le fait que l’Europe et les sujets de politique internationale aient été relégués au second rang, se considérant elle comme "une candidate qui parle de géopolitique". Parmi les sujets qu’elle souhaite voir s’inviter dans le débat figurent, notamment, le désarmement, "un sujet tabou en France", le réchauffement climatique au niveau mondial et la réforme de l’ONU. "Mais quand j’ai parlé de réformer le Conseil de sécurité et d’y inclure de nouveaux membres, cela a soulevé un véritable tollé", rappelle-t-elle.

"Un bon score"

Concernant sa candidature qui ne décolle pas dans les sondages, Éva Joly relativise. "Il est important que je fasse un bon score pour que l’écologie ne disparaisse pas", explique-t-elle, soulignant que, dans le programme du candidat socialiste François Hollande, "il n’y a rien sur l’écologie". Lorsqu’on lui demande ce qu’elle entend par "un bon score", Éva Joly répond : "Je ne le sais pas. Faire du mieux que je peux…".