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Les soldats sri-lankais livrent de violents combats à Kilinochchi, la "capitale" économique des Tigres tamouls. Si Colombo parvient à démanteler ce "mini-État", les rebelles essuieraient l'un de leurs plus sérieux revers depuis 36 ans.

AFP - L'armée sri-lankaise est entrée vendredi dans Kilinochchi, la "capitale" politique des rebelles des Tigres tamouls, dans le nord du pays, et livre de violents combats dans la ville, a annoncé un responsable de la présidence du Sri Lanka.

Des troupes au sol ont percé les lignes de défense des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) à l'entrée de la localité de Kilinochchi et avançaient pour contrôler totalement ce quartier général de la guérilla tamoule assiégé depuis des mois par l'armée de Colombo.

"Les soldats ont pénétré dans Kilinochchi ce matin par deux points différents et d'intenses accrochages sont en cours", a déclaré le responsable de la présidence sri-lankaise en assurant que la chute de cette ville-symbole allait intervenir "très bientôt".

Les autorités sri-lankaises annoncent depuis des mois que leur armée est en passe de faire tomber Kilinochchi, où les LTTE contrôlent une police, des tribunaux ou des banques. Colombo espère ainsi démanteler ce "mini-Etat" tamoul dans le nord.

La prise de la ville ne signerait pas la mort des Tigres, mais serait un sérieux revers après 36 ans de conflit séparatiste.

Si l'on en croit des sources militaires --l'accès de la presse au front septentrional étant totalement impossible-- deux bataillons sont en train de prendre en tenaille Kilinochchi et "devraient se rejoindre à tout moment".

"Des troupes ont déjà pris possession de la gare (désaffectée) dans le centre de la ville", a dit l'une de ces sources, sans évoquer d'éventuelles victimes. Les Tigres n'ont pas non plus commenté cette dernière offensive.

En lutte depuis 1972, les Tigres tamouls, hindouistes, se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est du Sri Lanka, un pays peuplé à 75% de Cinghalais bouddhistes. Au moins 70.000 personnes ont été tuées en trois décennies, dont plusieurs milliers depuis le regain de violences de la fin 2005.

Cette île de 20 millions d'habitants située au sud de l'Inde ne parvient pas à mettre un terme au plus vieux conflit en Asie, où alternent combats et périodes d'accalmies.