
L'Ukraine, le Moyen-Orient et le commerce à l'agenda de cette première rencontre. Le président français Emmanuel Macron a appelé, lundi 6 avril, au début de la visite d'État en France de son homologue chinois Xi Jinping, à la "coordination" avec Pékin sur les "crises majeures" en Ukraine et au Moyen-Orient.
Le dirigeant français souhaite également des "règles équitables pour tous" dans les échanges commerciaux entre l'Europe et la Chine.
"L'avenir de notre continent dépendra très clairement aussi de notre capacité à continuer à développer de manière équilibrée les relations avec la Chine", a-t-il dit à l'Élysée à l'ouverture d'une réunion à trois en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
"La Chine et l'Union européenne ont un intérêt partagé pour la paix et la sécurité", a souligné Ursula von der Leyen, affirmant sa "détermination à stopper la guerre d'agression russe contre l'Ukraine et à établir une paix juste et durable".
"Nous avons intérêt à démontrer que notre collaboration produit ses effets", a insisté la présidente de la Commission, évoquant le "défi" de la "relation économique substantielle" entre Bruxelles et Pékin.
Le président chinois Xi Jinping a plaidé pour sa part pour que son pays et l'Union européenne (UE) renforcent leur "coordination stratégique" et demeurent "des partenaires".
"En tant que deux importantes puissances mondiales, la Chine et l'UE doivent demeurer des partenaires, poursuivre le dialogue et la coopération, approfondir la communication stratégique, renforcer la confiance mutuelle stratégique, consolider leur consensus stratégique et procéder à une coordination stratégique", a déclaré le dirigeant chinois au début de la rencontre trilatérale.
Une escapade plus personnelles dans les Pyrénées
Arrivé en France dimanche pour une visite d'État de deux jours, le président chinois Xi Jinping vient célébrer les 60 ans de relations diplomatiques franco-chinoises.
Après une cérémonie lundi après-midi aux Invalides, il doit retourner à l'Élysée pour un nouvel entretien avec Emmanuel Macron en tête-à-tête, puis un dîner officiel. Les deux chefs d'État se rendront mardi dans les Pyrénées pour une escapade plus personnelle, accompagnés de leurs épouses.
L'objectif de ce déjeuner sur le col du Tourmalet – là où, enfant, Emmanuel Macron passait ses vacances chez sa grand-mère – est éminemment diplomatique : casser l'imposant protocole pour instaurer un dialogue plus direct, notamment sur l'Ukraine.
Sur la question sensible des droits humains, Emmanuel Macron dit préférer évoquer "les désaccords" plutôt "derrière des portes closes". Paris n'a pas non plus tenu à ériger en priorité le dossier de Taïwan, pourtant au cœur des fortes tensions entre les États-Unis et la Chine.
Avec AFP