
Âgés de 1 à 6 ans, trente-trois enfants haïtiens, dont les dossiers d'adoption avaient été acceptés avant le séisme, ont pris l'avion jeudi soir pour rejoindre la France où les attendent leurs parents adoptifs.
AFP - Trente-trois enfants haïtiens adoptés par des familles françaises ont quitté jeudi soir le Lycée français, où ils avaient été regroupés, pour l'aéroport de la capitale haïtienne, première étape d'un voyage pour la France, a constaté un journaliste de l'AFP.
Agés de 1 à 6 ans, les enfants sont montés joyeusement dans le car pour l'aéroport à 20H00 locales en se mettant les uns les autres les mains sur les épaules et en chantant.
Ils devaient embarquer dans un avion militaire A310, comprenant aussi des malades, qui décollera en pleine nuit pour se poser vers 05H00 vendredi à Fort de France, en Martinique, a indiqué à l'AFP le consul Jean-Pierre Gueguan.
Les enfants prendront ensuite un avion affrété pour l'occasion. L'appareil doit se poser vendredi vers 20H00 à Roissy-Charles-de-Gaulle, où les enfants seront remis à leur parents adoptifs.
Les petites filles, habillées de belles robes roses, portant des noeuds dans les cheveux, et les garçons, portant de belles chemises, ont été pris en charge dans l'autobus par des membres de la Sécurité civile, une infirmière et le consul qui a prêté de bon coeur ses genoux à trois petits.
Ils sont tous en bonne santé, à l'exception d'une petit garçon qui souffre de diarrhées.
Tous les enfants disposent avec eux d'un passeport haïtien, avec le patronyme des parents adoptifs. Ils ont généralement plusieurs prénoms, le dernier étant constitué par le nom de famille haïtien. Ainsi, dans le groupe, un petit garçon portera le nom de Coulon. Ses prénoms seront Jean Fedwer Termilus, son ancien nom de famille. "C'est très important qu'un enfant sache d'où il vient", a déclaré une infirmière.
Certains de ces enfants sont orphelins, d'autres ont été abandonnés, une expression que les Haïtiens n'aiment pas beaucoup car ils préfèrent "remis à la disposition de la crèche pour adoption".
Plusieurs de ces enfants habitaient dans des crèches très abîmées par le tremblement de terre, mais par miracle, selon le consul, "aucun enfant n'a été blessé et aucun dossier d'adoption n'a été perdu".
Dés vendredi, un nouveau groupe d'enfants adoptés par des Français doit quitter Port-au-Prince. Leur nombre n'était pas connu jeudi soir.
Selon les services de l'ambassade de France à Port-au-Prince, 740 enfants ont été adoptés en 2008, et un petit peu moins, environ 600, en 2009.