
Jeudi, le British Museum de Londres a ouvert la première exposition jamais consacrée à l'empereur aztèque Moctezuma II, véritable demi-dieu qui a régné d'une main de fer sur le centre de l'actuel Mexique de 1502 à 1520.
AFP - Le British Museum de Londres présente à partir de jeudi la première exposition jamais consacrée à l'empereur aztèque Moctezuma II, véritable demi-dieu qui a régné d'une main de fer sur le centre de l'actuel Mexique jusqu'à l'arrivée des Conquistadores.
"Il y a eu beaucoup d'expositions sur la culture aztèque mais celle-ci est une exploration aventureuse pour essayer de comprendre la vie de l'un des principaux protagonistes des événements mouvementés de la conquête espagnole du Mexique", a expliqué à l'AFP Colin McEwan, co-commissaire de l'exposition "Moctezuma: dirigeant aztèque" qui se déroule jusqu'au 24 janvier 2010.
"C'est la première fois que Moctezuma est placé sur le devant de la scène mondiale", a-t-il ajouté. Quelque 400.000 visiteurs sont attendus pour admirer des trésors ayant échappé à la destruction des colonisateurs.
L'exposition est aussi l'occasion de procéder d'emblée à une rectification linguistique: le terme "aztèque" est utilisé à tort depuis le 19ème siècle pour décrire la civilisation Mexica, qui a inspiré les Espagnols pour nommer leur nouveau territoire.
Né en 1467, Moctezuma II est le neuvième et dernier empereur élu ayant régné sur le peuple Mexica, dont la capitale Tenochtitlan repose sous l'actuelle Mexico. Il a régné de 1502 à 1520, ne survivant que peu de temps aux Conquistadores menés par Hernan Cortes.
"Il est issu d'une longue lignée de dirigeants mais pour pouvoir être élu, il a dû prouver ses connaissances, son aptitude en matière militaire, ses talents d'orateur. Il a dû faire ses preuves", a expliqué Elisenda Vila Llonch, co-commissaire de l'exposition, qui coïncide avec les 200 ans de l'indépendance du Mexique et le centenaire de la révolution mexicaine en 2010.
Le musée est parvenu à réunir "la plupart des sculptures liées à Moctezuma ou qui portent le caractéristique glyphe de son nom", un diadème de turquoise symbolisant le pouvoir royal mais qu'il s'est approprié, a précisé M. McEwan.
Sa fierté est d'être parvenu à obtenir le "Teocalli de la guerre sacrée" qui est sorti du Mexique pour la première fois. Pièce maîtresse de l'exposition, le Teocalli est une sculpture votive destinée à commémorer la cérémonie du Nouveau feu de 1507. Cette oeuvre monobloc de plus d'une tonne célèbre notamment le triomphe du soleil dans l'univers.
La vie de Moctezuma est décortiquée en trois thèmes: le puissant dirigeant politique, le demi-dieu et le guerrier dont le rôle est d'étendre son territoire et de faire des prisonniers destinés à être sacrifiés.
Des sacrifices humains qui sont omniprésents dans l'exposition, avec en particulier l'aigle Cuauhxicalli taillé dans une roche éruptive dont le dos accueille une vasque pour les offrandes au soleil, en l'occurrence des coeurs humains, ou encore un poignard rituel au manche incrusté de turquoise et de nacre.
La turquoise, et sa couleur bleu-vert, symbolisait la puissance dans la culture Mexica. Cette pierre avait naturellement les faveurs des empereurs et ornait objets rituels, tributs et cadeaux officiels.
Le musée expose plusieurs objets incrustés de turquoise, en particulier une ceinture ornée d'un crâne humain et des masques qui étaient utilisés lors de cérémonies. Lorsqu'il rencontre pour la première fois Cortes, assoiffé d'or, Moctezuma lui offre entre autres un pectoral représentant un serpent à deux têtes en turquoise.
L'exposition s'achève sur des représentations du dernier maître de Tenochtitlan, en version légèrement occidentalisée pour ne pas déstabiliser les Européens: son diadème de turquoise est remplacé par une couronne digne de la reine d'Angleterre, son palais est agrémenté de balustrades classiques en pierre.