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En France, 54 personnes bénéficient encore d'une pension allemande liée à la Seconde Guerre mondiale

Selon les autorités allemandes, 54 personnes reçoivent encore des pensions de l'État allemand au titre de la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit de 27 blessés de guerre, de 21 veuves et de six orphelins.

Fin février 2019, le Parlement belge a mis en lumière un passé qui ne passe pas. La demande de celui-ci aux autorités allemandes de fournir les noms d’une trentaine de belges qui toucheraient encore une pension de l’Allemagne depuis la Seconde Guerre mondiale a suscité une polémique jusqu’en France.

Après ces révélations, il a en effet été établi que 54   personnes sont aussi bénéficiaires dans l’Hexagone de pensions versées par l’Allemagne au titre de la guerre 1939-1945. Selon des informations obtenues par France Info auprès du ministère local de la Sarre, qui gère le versement pour les personnes résidant en France, il s’agit de " 27 blessés [de guerre], 21 veuves et 6 orphelins". Ces chiffres ont été confirmés par la secrétaire d'État aux Armées, Geneviève Darrieussecq, qui a aussi demandé des éclaircissements aux autorités allemandes.

Il s'agit "à la fois d'Allemands, résidant en France et de citoyens français", a expliqué l'exécutif de la Sarre à France Info.

Aucun versement à des criminels de guerre

Ce versement se fait en vertu d'une loi allemande de 1951 qui permet aux victimes de guerre allemandes de toucher une retraite complémentaire. "Les bénéficiaires peuvent donc être d'anciens soldats de la Wehrmacht [l'armée allemande du IIIe Reich] ou des victimes civiles de la guerre" , a précisé le ministère fédéral de la Sarre, tout en expliquant que   : "Aucune prestation de ce type n'est versée par l'Allemagne pour service rendu dans la Wehrmacht ou dans la Waffen-SS." La loi de 1951 exclut ainsi des versements à une personne qui aurait commis un crime de guerre.

Dans une déclaration écrite à l'AFP, Geneviève Darrieussecq a mis en garde contre tout "raccourci" et toute "polémique", en appelant à "un peu de retenue". Elle a aussi promis "toute la transparence" dans les "investigations" en cours.

"Cette loi est appliquée depuis soixante-huit ans. Je crois donc que l'on peut prendre encore quelques jours pour déterminer sereinement avec les autorités allemandes ce qu'il en est : évitons de parler sans savoir", a-t-elle déclaré.