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L'Arménie en quête d'un nouveau gouvernement après la démission de Serge Sarkissian

Chassé par la contestation populaire, l'ancien président Serge Sarkissian, nommé Premier ministre il y a moins d'une semaine, a démissionné lundi. Le pays doit maintenant se trouver un nouveau gouvernement.

L'Arménie va devoir se chercher un nouveau gouvernement et désigner son chef, après la démission lundi 23 avril de l'ancien président Serge Sarkissian, nommé Premier ministre il y a moins d'une semaine. Cette nouvelle prise de fonction, pour un poste aux pouvoirs renforcés depuis une réforme constitutionnelle en 2015, était controversée, laissant au président un rôle essentiellement honorifique.

La démission de Serge Sarkissian doit maintenant être suivie par celle de tout le gouvernement, les différents partis siégeant au Parlement ayant sept jours pour proposer leurs candidats au poste de Premier ministre.

"Je te félicite, peuple victorieux !"

La bataille politique n'est sans doute pas terminée, le Parlement étant dominé par une coalition menée par le "Parti républicain" de Serge Sarkissian, qui dispose de 65 sièges sur 105.

"Fier citoyen d'Arménie, tu as gagné ! Et personne ne peut te priver de cette victoire. Je te félicite, peuple victorieux !", a déclaré lundi 23 avril le député et chef de l'opposition Nikol Pachinian, qui a mobilisé pendant 11 jours consécutifs des milliers de personnes pour réclamer le départ de Serge Sarkissian.

Sur la place de la République, au coeur d'Erevan, où est situé le siège du gouvernement arménien, des milliers de personnes étaient réunies après l'annonce de la démission du Premier ministre, brandissant des drapeaux arméniens, s'embrassant et dansant.

"Je me suis trompé"

L'annonce surprise de la démission de Serge Sarkissian est intervenue lundi 23 avril quelques heures après la libération de Nikol Pachinian, interpellé la veille lors d'une manifestation. Il avait aussitôt rejoint les protestataires dans les rues d'Erevan, lançant : "Tout le monde a déjà compris que nous avons gagné !"

"Je quitte le poste de dirigeant du pays", a laconiquement déclaré Serge Sarkissian dans un communiqué annonçant son départ. "Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé", a ajouté celui qui a été pendant dix ans le président de l'Arménie.

"Le mouvement de la rue ne voulait pas que je sois Premier ministre. Je satisfais votre demande et je souhaite paix et harmonie à notre pays", a poursuivi Serge Sarkissian, une nouvelle accueillie sur la place de la République par des cris de joie et des applaudissements.

L'ex-président a ajouté qu'il n'avait pas souhaité recourir à la force pour disperser les manifestations, assurant : "Ce n'est pas dans ma nature".

Depuis le 13 avril, les manifestations se succédaient pour exiger la démission de Serge Sarkissian, accusé par les contestataires de s'accrocher à tout prix au pouvoir et de n'avoir rien fait pour améliorer la vie de ses compatriotes. Les manifestants lui reprochent également de n'avoir pas su faire reculer la pauvreté et la corruption, alors que les oligarques ont toujours la haute main sur l'économie du pays.

Avec AFP