Hawaï semble craindre l'attitude belliqueuse du pays de Kim Jong-un, qui a réussi un nouveau tir de missile balistique au début du mois de juillet. Alors Hawaï se prépare au pire des scénarios : une attaque nucléaire sur sa capitale.
Ah, Hawaï ! Ses plages paradisiaques, son sable fin, ses animaux exotiques, sa gastronomie et… ses dispositifs contre une attaque de missiles. Le 50e État américain vient de se doter d’un plan préparatoire en cas d’attaque nucléaire de la Corée du Nord. Au plus grand dam du secteur touristique.
Dans un communiqué de presse publié jeudi 20 juillet, Vern Miyagi, directeur de l’Hawaï Emergency Management Agency, une institution publique habituellement occupée à gérer les catastrophes naturelles, a expliqué les raisons de cette nouvelle mesure. "Nous devons dire au public ce qu’il se passe. Nous ne voulons pas causer d’inquiétudes injustifiées pour le public, mais nous avons une responsabilité", affirme-t-il, selon Hawaii News Now. "Nous ne pouvons pas attendre pour commencer notre campagne publique d’information pour être sûr que les habitants d’Hawaï sachent quoi faire si un tel évènement survient."
Si un missile nucléaire nord-coréen était dirigé vers Hawaï, il lui faudrait 20 petites minutes pour atteindre sa cible
Dans ce plan, qui n’a pas encore été dévoilé dans son intégralité, l’île du Pacifique envisage le pire des scénarios : une bombe nucléaire de 15 kilotonnes explosant à mille pieds au-dessus d’Honolulu, la capitale de l'État-archipel. Si un missile nucléaire nord-coréen était dirigé vers Hawaï, il lui faudrait 20 petites minutes pour atteindre sa cible. Le public aurait alors 8 à 12 minutes pour se mettre à couvert.
Un spot de télévision de trente secondes va être diffusé durant six mois à compter de la fin juillet et des brochures explicatives, destinées aux touristes, vont être imprimées dans sept langues différentes. Une alarme spéciale va être mise en place et une voix devrait cracher dans des haut-parleurs, partout à travers les 7 îles que compte Hawaï : "Rentrez à l’intérieur, restez à l’intérieur, restez connectés", afin que les habitants comprennent immédiatement de quoi il s’agit.
Ces deux mesures étaient déjà en vigueur durant la Guerre froide et devraient être, pour la première fois depuis la fin de l’URSS, réapprises par les écoliers hawaïens. Ceux-ci devront également apprendre à répéter une série d'exercices, incluant le fait de rester dans des abris durant de longues périodes, souligne BuzzFeed.
La Corée du Nord montre les crocs
Malgré l’impact qu’une mesure aussi alarmiste peut avoir sur le tourisme, principale ressource économique de l’île, les autorités locales préfèrent jouer la carte de la sécurité. En cause, les tensions grimpantes entre la Corée du Nord et les États-Unis.
Deux éléments récents ont joué un rôle primordial dans le déclin des relations entre les pays, qui n’ont jamais vraiment été au beau fixe. En juin dernier, la Corée du Nord a d’abord relâché Otto Warmbier, un étudiant américain qui avait été inculpé en janvier 2016 pour avoir volé un poster dans un hotel de Pyongyang. Il avait été condamné à quinze ans de prison et sa libération n’était due qu’à son état de santé critique. Il est décédé peu après son arrivée sur le sol américain. Ce qui n’a pas manqué de jeter un froid glacial entre les pays, notamment parce que l’opinion publique américaine avait été très touchée par l’affaire.
Mais c’est surtout l’attitude belliqueuse du pays de Kim Jong-un qui a causé cette dégradation drastique des relations entre États. Après avoir fais plus d’une dizaine de tests d’envoi de missiles durant l’année écoulée, la Corée du Nord a affirmé, le 4 juillet dernier, avoir réussi un tir de missile balistique intercontental (ICBM). Le pays pourrait donc désormais frapper n'importe quelle partie du monde. Dans un communiqué, le gouvernement affirmait ainsi avoir mis en place "une puissance nucléaire forte" mais comme nous l'expliquions, Trump a peu d'options pour répliquer aux menaces de Pyongyang.
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