
Plus ouvertes que jamais, les élections législatives 2017 seront marquées par un fort renouvellement de l'Assemblée nationale. Déjà installées ou nouvelles figures de la scène politique, tour d'horizon des candidats qui animeront la campagne.
Après une campagne présidentielle marquée par le "dégagisme", selon la formule de Jean-Luc Mélenchon, les élections législatives des 11 et 18 juin seront elles aussi marquées par le renouvellement. Certaines figures de l’Assemblée nationale, comme Claude Bartolone, Jean-Marc Ayrault, Bernard Accoyer ou Bernard Debré ont en effet préféré se retirer plutôt que de faire la campagne de trop. Mais c’est surtout l’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats qui a contraint un très grand nombre de députés-maires à renoncer, la plupart des "cumulards" optant pour leur mandat exécutif.
Avec le renouvellement au cœur de ces législatives, l’enjeu de ce "troisième tour" de l’élection présidentielle est de savoir si Emmanuel Macron obtiendra ou non une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Petit tour d’horizon des circonscriptions à suivre.
- Pas le droit à l’erreur pour les six ministres candidats
L’Élysée a fait savoir que les ministres candidats aux élections législatives devraient démissionner du gouvernement en cas de défaite. De quoi augmenter un peu plus la pression sur les candidats et l’attention médiatique sur les circonscriptions en jeu.
Ainsi, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, député depuis 2007 dans la première circonscription de l’Eure, devra l’emporter face à une candidate Les Républicains, bien implantée localement. Le parti LR a en effet choisi Coumba Dioukhané, l'adjointe au maire d'Évreux, après que Bruno Le Maire a rejoint Emmanuel Macron.
La ministre aux Affaires européennes, Marielle de Sarnez, dans la 11e circonscription de Paris, devra, elle, l’emporter face au député sortant PS Pascal Cherki, tandis que le secrétaire d’État au numérique Mounir Mahjoubi tentera de faire chuter le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis dans la 16e circonscription de Paris.
Pour le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand, député sortant de la 6e circonscription du Finistère, la ministre des Outre-mer Annick Girardin, élue députée de Saint-Pierre-et-Miquelon en 2012, et le secrétaire d’État en charge des Relations avec le Parlement Christophe Castaner, député sortant dans la 2e circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, la réélection ne devrait a priori pas poser de problème, d’autant que le PS n’a investi personne face à ces candidats désormais LREM.
- De candidat à la présidentielle à candidat aux législatives
Sept candidats à l’élection présidentielle le seront également aux élections législatives. Comme en 2012, Marine Le Pen a décidé d’être candidate à Hénin-Beaumont dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Jean-Luc Mélenchon sera candidat à Marseille dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. Benoît Hamon, député sortant de la 11e circonscription des Yvelines, tentera d’être réélu pour un deuxième mandat. Même chose dans la 8e circonscription de l’Essonne pour Nicolas Dupont-Aignan, en poste depuis 1997. Jean Lassalle voudra conserver son mandat de député dans la 4e circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Nathalie Arthaud sera, elle, candidate dans 6e circonscription de Seine-Saint-Denis. Et François Asselineau sera candidat dans la 10e circonscription du même département.
- Les nouveaux visages de La République en marche
Au-delà des ministres candidats et du score national que réalisera La République en marche, certaines candidatures LREM seront particulièrement suivies. Ce sera le cas des fidèles du chef de l’État Benjamin Griveaux (5e circonscription de Paris) et Stanislas Guerini (3e circonscription de Paris), mais aussi des ralliés écologistes François de Rugy (1e circonscription de la Loire-Atlantique) et Barbara Pompili (2e circonscription de la Somme).
La République en marche a en outre investi des personnalités comme la torera Marie Sara qui sera opposée au sortant frontiste Gilbert Collard (2e circonscription du Var), le mathématicien Cédric Villani (5e circonscription de l’Essonne), l’ancien juge Éric Halphen (2e circonscription du Calvados), l’ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue (8e circonscription de la Seine-et-Marne) ou encore le sociologue Jean Viard (5e circonscription du Vaucluse).
- Transition pour les anciens ministres du quinquennat Hollande
C’est donc "en homme libre" que Manuel Valls sera candidat dans la 1e circonscription de l’Essonne. Non investi par LREM et ayant abandonné son étiquette PS, l’ancien Premier ministre a malgré tout inscrit "Candidat de la majorité présidentielle" sur son affiche de campagne. Il ne trouvera aucun candidat LREM ou PS face à lui. En revanche, il affrontera le comédien Dieudonné et le chanteur Francis Lalanne, candidat suppléant de Jacques Borie sous les couleurs du mouvement écologiste et citoyen 100 %.
Dans la 18e circonscription de la capitale, l'ex-ministre du Travail Myriam El Khomri (PS) aura face à elle la féministe Caroline de Haas (sans étiquette), ainsi qu'un candidat de La France insoumise, Paul Vannier. La République en marche, en revanche, a laissé vacante cette circonscription, comme la 4e de la Sarthe où se présente l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et la 3e en Indre-et-Loire où est candidate l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine.
La donne sera différente pour les ex-ministres de l'Intérieur et de l’Éducation, Mathias Fekl dans le Lot-et-Garonne (2e) et Najat Vallaud-Belkacem dans le Rhône (6e), qui risquent tous les deux d'être en difficulté face à des candidatures LREM.
- Les autres circonscriptions à suivre
Qui sortira du chapeau dans la 2e circonscription de Paris ? Investie par LR, Nathalie Kosciusko-Morizet faisait figure de favorite. Mais son envie récente de travailler avec Emmanuel Macron a peut-être changé la donne. Elle devra composer sur sa droite avec deux candidats LR dissidents : le maire du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq, et l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. Et ce n'est pas tout puisque La République en marche a aussi décidé d'investir son propre candidat, Gilles Le Gendre.
La France insoumise jouera gros également lors de ces législatives. Plusieurs personnalités proches de Jean-Luc Mélenchon défieront ainsi des députés socialistes sortants dans des batailles à l’issue incertaine. En Haute-Garonne (9e), le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle, Manuel Bompard, tentera de faire tomber Christophe Borgel, le "Monsieur élections" du PS, tandis qu'en Seine Saint-Denis (7e et 1e), les porte-parole Alexis Corbière et Eric Coquerel affronteront respectivement le sortant Razzy Hammadi et Yannick Trigance.
Enfin, la 1e circonscription de la Somme, où se trouve le site de l’usine Whirlpool à Amiens, devrait à nouveau focaliser l’attention. Alors que Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’y étaient affrontés via une bataille d’images lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle, trois candidats espèrent l’emporter en juin : Pascale Boistard (PS), qui a remporté cette circonscription en 2012, le journaliste-militant François Ruffin (LFI) et le comédien Franck de Lapersonne (FN).