Trois semaines après le rejet par le Parlement de Tobrouk du gouvernement d'union, le Conseil présidentiel libyen a déclaré, dimanche, avoir soumis une nouvelle proposition. Mais deux membres du Conseil auraient refusé d'appuyer cette annonce.
Le Conseil présidentiel en Libye a annoncé, dimanche 14 février, la formation d'un nouveau gouvernement d'union nationale, celui proposé le 25 janvier ayant été rejeté par le Parlement.
"Le gouvernement a été formé aujourd'hui et envoyé au Parlement", a déclaré au cours d'une conférence de presse le porte-parole du Conseil présidentiel, Fathi al-Mejebri.
Le Parlement reconnu par la communauté internationale, qui siège à Tobrouk, tiendra lundi ou mardi une session pour accorder ou non sa confiance au gouvernement d'union nationale, a déclaré à l'AFP un parlemententaire sous le couvert de l'anonymat.
Deux membres du Conseil présidentiel en désaccord
Le Conseil présidentiel est composé de neuf membres de factions rivales libyennes et dirigé par Fayez al-Sarraj, un homme d'affaires appelé à devenir le Premier ministre selon un accord conclu sous l'égide de l'ONU. Cependant, deux membres du Conseil ont refusé de signer le document annonçant la formation du nouveau gouvernement, a affirmé à l'AFP l'un de ces deux membres, sous le couvert de l'anonymat.
"Nous n'avons pas signé, car nous ne sommes pas d'accord sur le gouvernement. La façon dont les ministres ont été nommés n'est pas transparente du tout", a-t-il déclaré. Selon une lettre du Conseil présidentiel, ce gouvernement compte 18 membres dont cinq ministres d'État.
Le Conseil présidentiel avait déjà proposé un premier gouvernement d'union nationale qui comptait 32 membres. Mais celui-ci avait été rejeté le 25 janvier par le Parlement de Tobrouk parce que le nombre de ses membres avait été jugé trop élevé.
La Libye est plongée dans le chaos et livrée à des groupes armés rivaux depuis que Mouammar Kadhafi a été renversé et tué en 2011 à la suite d'une rébellion soutenue par une intervention militaire occidentale menée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Deux autorités se disputent le pouvoir depuis la prise de Tripoli par des milices en partie islamistes à l'été 2014 : un gouvernement reconnu par la communauté internationale, installé dans l'est, et un gouvernement basé à Tripoli, proche d'une coalition de milices.
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L'organisation jihadiste État islamique (EI), qui occupe de vastes territoires en Irak et en Syrie, a profité du vide du pouvoir en Libye pour prendre le contrôle de la ville de Syrte et de ses environs, à quelque 450 kilomètres à l'est de Tripoli.
Avec AFP