
Le président François Hollande tiendra sa sixième conférence de presse dans les salons de l'Élysée, lundi à 11 h. Au menu : crise des migrants, frappes contre l’EI en Syrie, réchauffement climatique ou encore baisse de la fiscalité.
Plusieurs dossiers sensibles devraient dominer ce grand oral de la rentrée, lundi 7 septembre, notamment l'accueil des migrants qui fuient la guerre en Syrie, les frappes menées par la coalition militaire (dirigée par les États-Unis, à laquelle participe la France) contre l’organisation de l’État islamique mais aussi le changement climatique à quelques mois de la COP21.
- Extension des frappes en Syrie
L’hypothèse d’une extension à la Syrie des frappes de l’aviation française contre l’organisation de l'État islamique (EI), jusqu’ici limitées à l’Irak, aurait été évoquée lors d’un conseil de défense le 4 septembre, a rapporté "Le Monde" dans son édition de samedi.
La France est engagée depuis septembre 2014 dans la coalition mise en place contre l'EI en Irak mais s'était toujours refusée à intervenir militairement en Syrie. Jusqu'à présent, elle craignait que des raids ne renforcent le régime du président Bachar al-Assad, dont Paris réclame le départ.
Jusqu’à présent, elle n’avait fourni que des conseils militaires et des armes à des rebelles "modérés". Mais la position de Paris a quelque peu évolué ces dernières semaines, le départ du président syrien apparaissant comme une moindre priorité au regard de la menace de plus en plus grande de l’EI et de la dégradation de la situation dans le pays.
>> À lire sur France 24 : "Il y a des enfants syriens qui ne savent pas à quoi ressemble l'école"
La presse française a souligné ce weekend l'extrême difficulté que représenterait cet engagement militaire. "Imaginer que cet engagement annonce la déroute de l’EI, que ses effets se feront rapidement sentir, relève de l'illusion", écrit notamment François Ernenwein dans "La Croix". Pour le journal catholique, "les seules solutions au drame syrien […] passent par la diplomatie".
it
- Crise des migrants
Cette crise syrienne est à l’origine de l’afflux de milliers de migrants en Europe, qui a conduit le président français et la chancelière Angela Merkel à se rallier à l’idée d’imposer aux Vingt-Huit des quotas de réfugiés. Une proposition qui se heurte à l’hostilité d’une partie des pays européens, en particulier la Hongrie.
Très vif en Allemagne, le débat sur l’accueil des demandeurs d’asile a commencé à prendre de l’ampleur en France, notamment après la publication, cette semaine, de photographies du corps d'un enfant syrien de trois ans mort noyé sur une plage turque.
>> À lire sur France 24 : "Il s'appelait Aylan Kurdi"
Reste que le comportement à adopter pour le président français ne va pas de soi : selon un sondage Odoxa réalisé pour "Le Parisien", le 5 septembre, 55 % des Français se déclarent opposés à ce que la France assouplisse comme l’Allemagne les conditions d’octroi du statut de réfugié aux migrants – notamment syriens.
- Conférence climat
À trois mois du grand rendez-vous prévu en décembre à Paris et dont François Hollande a fait un enjeu de son quinquennat, les pourparlers restent laborieux sur le climat. Les négociateurs de l'ONU ont décidé de proposer en octobre un nouveau texte "cohérent" et "concis" pour tenter d'accélérer le processus. Mais pour l’heure, rien n’est fait. "Le rythme est encore insuffisant […] Il nous reste moins de trois mois avant le début de la COP", a déclaré dimanche 6 septembre le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, lors d’une réunion ministérielle informelle avec les représentants de 57 pays.
La communauté internationale s'est fixé en 2009 l'objectif de limiter à +2 degrés le réchauffement mondial par rapport au niveau d'avant la Révolution industrielle, faute de quoi la science prévoit des impacts dévastateurs et irréversibles sur les écosystèmes comme sur les sociétés.
>> À lire sur France 24 : "Le puissant retour du phénomène El Niño inquiète les climatologues"
- Emploi
Avec 3,55 millions de personnes sans aucune activité, le chômage reste l'enjeu du quinquennat. La nouvelle ministre Myriam El Khomri veut croire que "les outils commencent à porter leurs fruits". Au 2e trimestre le taux de chômage calculé par l'Insee est resté stable à 10 % de la population active.
>> À lire sur France 24 : "Myriam El Khomri, une Franco-Marocaine nouvelle ministre du Travail"
Au mois de juillet, François Hollande avait lié son sort à celui de la courbe du chômage en affirmant qu'il ne serait candidat en 2017 que s'il y avait une baisse crédible en 2016. Pour l'heure, seuls 22 % des Français souhaitent sa réélection.
- Impôts
Le président devrait préciser l'ampleur et les modalités de la baisse d'impôts pour 2016 qu'il a annoncée le 21 août, à la surprise générale. L'allègement, a priori ciblé sur l'impôt sur le revenu et concentré sur les classes modestes et moyennes, pourrait atteindre deux milliards d'euros, selon "Les Échos".
François Hollande devrait également revenir sur son surprenant regret d'avoir supprimé la TVA sociale de Nicolas Sarkozy qu'il stipendiait en 2012 comme "injuste et inefficace".
Avec AFP