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Un hôtel du centre de Mogadiscio, la capitale somalienne, a été vendredi la cible d'une attaque à la voiture piégée, tuant au moins sept personnes dont l'ambassadeur somalien en Suisse. L'assaut a été revendiqué par les Shebab.

Une nouvelle attaque a frappé vendredi 27 mars un hôtel de la capitale de la Somalie. Au moins sept personnes, dont l'ambassadeur somalien en Suisse, ont été tuées dans l’assaut perpétré par des islamistes shebab, a-t-on appris de sources sécuritaires dont le bilan reste encore provisoire.

Un responsable somalien, Mohamed Hassan, a assuré que "tous les assaillants avaient été tués" et que "la situation (était) désormais sous contrôle".

L'attaque revendiquée par les Shebab a débuté par une forte explosion, provoquée par une voiture piégée et entendue à l'extérieur de l'hôtel Maka al Mukarama. L'établissement, situé dans le centre de la capitale somalienne, est largement fréquenté par la classe politique et les hommes d'affaires du pays.

L'explosion a été suivie par une fusillade à l'intérieur de l'établissement, menée, selon une autre source sécuritaire, par cinq assaillants. L'attaque a duré plusieurs heures, jusque dans la soirée. Selon un journaliste de l'AFP, des bruits de tirs ont été entendus jusqu'à l'extérieur de l'hôtel, situé près du très fréquenté carrefour "Kilomètre 4".

Attentat revendiqué

Le porte-parole des Shebab, Abdulaziz Abu Musab, a confirmé que le mouvement affilié à Al-Qaïda avait perpétré l'attentat. "Les moudjahidines mènent une opération visant les chefs des infidèles à Mogadiscio, a-t-il dit à l'AFP en début de soirée avant que l'attaque ne soit maîtrisée. Nos forces spéciales ont pris d'assaut un hôtel où de hauts responsables étaient réunis."

Les Shebab ont essuyé depuis août 2011 une série ininterrompue de revers militaires, perdant un à un leurs fiefs dans le centre et le sud somalien. Délaissant les opérations militaires dans lesquelles ils sont largement surpassés par la force de l'Union africaine (Amisom), ils multiplient cependant les actions de guérilla, notamment à Mogadiscio où ils visent régulièrement des sites officiels.

Les rebelles ont juré la perte des autorités somaliennes, soutenues à bout de bras par la communauté internationale. Le pays est en état de guerre civile, privé de gouvernement central effectif depuis la chute du président autoritaire Siad Barre en 1991.

Avertissement de Washington

Mais les insurgés somaliens sont aussi considérés par les experts comme la principale menace à la sécurité de la région est-africaine.

Ils ont d'ailleurs perpétré plusieurs spectaculaires attentats hors des frontières somaliennes ces dernières années. Parmi ceux-ci, l'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi, qui avait fait 67 morts en septembre 2013.

Cette semaine encore, les États-Unis ont mis en garde contre un risque imminent d'attaque des Shebab en Ouganda, largement contributeur, comme le Kenya, à l'Amisom.

Avec AFP