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Réchauffement climatique : "Nous avons peu de temps"

Afin de limiter la hausse des températures à 2°C, un rapport d'experts sur le climat (le Giec) met en garde les gouvernements : il faut agir vite et, surtout, se détourner des énergies fossiles.

Les scientifiques du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) ont publié, dimanche 2 novembre, à Copenhague, une évaluation mondiale dont le message est clair : face à l'ampleur du réchauffement climatique, il faut agir vite pour réduire les émissions de CO2.

"Nous avons peu de temps avant que la possibilité de [limiter la hausse des températures] à 2°C ne disparaisse", a déclaré Rajendra Kumar Pachauri, le président du Giec - le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, auteur de ce rapport.

La communauté internationale s'est fixée comme objectif de maintenir la hausse globale des températures sous ce seuil, afin de limiter les impacts du changement climatique, déjà à l'œuvre et dont la vitesse est inédite.

Pour garder ce cap des 2°C, les émissions mondiales de gaz à effet de serre - CO2, méthane, protoxyde d'azote - doivent être réduites de 40 à 70 % entre 2010 et 2050, et disparaître totalement d'ici 2100, estiment les scientifiques.

En finir avec les énergies fossiles

Cela implique de se détourner massivement des énergies fossiles, d'améliorer fortement l'efficacité énergétique, de limiter la déforestation, et d'investir pour cela des centaines de milliards de dollars d'ici à 2030. Pour autant, ce tournant énergétique ne compromettrait pas la croissance mondiale, mettent en avant les experts.

"Plus nous attendons pour agir, plus ce sera coûteux", a dans ce sens prévenu Youba Sokona, vice-président du Giec. Des efforts "ambitieux" de réduction de gaz à effet de serre feraient baisser de 0,06 point le taux annuel de la croissance mondiale, estimé entre 1,6 et 3 % au cours du XXIe siècle, avancent les experts. "Nous avons les moyens de limiter le changement climatique", a insisté Rajendra Kumar Pachauri.

Cette évaluation mondiale, qui est la plus complète évaluation du changement climatique depuis 2007, doit servir de base scientifique aux responsables politiques dans les négociations internationales devant aboutir fin 2015 à Paris à un accord global. Mais les ministres français des Affaires étrangères Laurent Fabius et de l'Écologie Ségolène Royal n’ont pas attendu cette échéance pour réagir. Ils ont appelé à "une mobilisation universelle et immédiate" sur le changement climatique, "menace grave pour la biodiversité, la sécurité alimentaire et la santé".

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À la suite de la publication de ce rapport, plusieurs grandes ONG se sont élevées d’une même voix pour demander aux gouvernements d'abandonner progressivement les énergies fossiles.

Ce rapport indique que "notre addiction aux énergies fossiles est la source de pollution de loin la plus importante", a commenté dans un communiqué Samantha Smith, responsable Énergie et Climat au Fonds mondial pour la nature (WWF). "Une action rapide et décisive pour se détourner des combustibles fossiles en particulier peut maintenir la hausse de la température globale sous 2°C", a ajouté la porte-parole.

Avec AFP