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Carton rouge pour le maillot polémique du Palestino chilien

La fédération de football du Chili a interdit le club du CD Palestino d'arborer son nouveau maillot dont le numéro "1" représente la carte de la Palestine avant la création d'Israël. Un design que l'instance sportive juge discriminatoire.

Le nouveau maillot du CD Palestino, club historique du Chili, n'aura été exhibé que trois fois. En effet, la fédération chilienne de football a décidé de l'interdire en raison de son caractère discriminatoire. Basé à Santiago, le club, qui devra également s'acquitter d'une amende de 1 000 euros, a pourtant affirmé avoir déjà utilisé ce design lors de saisons précédentes. 

La tenue avait crée la polémique dès qu'elle avait été dévoilée en décembre dernier. Le CD Palestino, seul club au monde à porter le nom de la Palestine, et ce depuis près d’un siècle, avait choisi de remplacer le numéro "1" de son nouveau maillot par la carte de la Palestine d’avant 1948.

Plainte

Cette carte, qui inclut donc l’actuel État d’Israël sans délimiter ses frontières, n’avait pas manqué de faire réagir la communauté juive du Chili. Celle-ci, qui a fustigé les "managers irresponsables du club", avait appelé l’ANFP - la Fédération chilienne de football - à "punir" le Palestino pour avoir été à l’origine d’une "journée noire pour le football chilien".

Mais la décision de l'ANFP fait surtout suite à la plainte de Patrick Kiblisky, patron du Nublense, club de première division, contre le CD Palestino. "Nous ne pouvons pas accepter que le football soit mêlé à la politique et à la religion", a-t-il déclaré.

Flocage similaire en 2002

Ce n’est pas la première fois qu’un symbole identique est arboré par les joueurs du Palestino. En 2002, le gardien de l’équipe, Leonardo Cauteruchi, avait lui aussi porté un numéro "1" similaire au cours d’un match. À l’époque, l’affaire n’avait pourtant pas suscité une telle passion. "C’était une décision personnelle qui n’avait pas de connotation politique. C’était seulement un hommage envers un peuple qui souffrait alors beaucoup de la guerre. […] du coup, [les membres de la communauté juive du Chili] ont compris et ce n’est pas allé plus loin", explique aujourd'hui le portier, désormais retraité, dans les colonnes du journal "La Segunda".

Au Chili, où vivent de nombreux palestiniens, les autorités ont reconnu les Territoires comme un "État libre, indépendant et souverain". Le Club Deportivo Palestino, né de l’initiative d’un groupe d’immigrants palestiniens en 1920, est d'ailleurs un monument populaire, derrière les deux géants du football local que sont Universidad de Chile et Colo Colo.