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Israël reconnaît avoir mené un raid aérien en Syrie

Le ministre israélien de la Défense, Ehoud Barak, a pour la première fois admis dimanche que Tsahal avait bombardé un site militaire syrien. Depuis cinq jours, Damas accusait l’État hébreu d’un raid contre un centre de recherches militaires.

"Je ne peux rien ajouter de plus à ce que vous avez lu dans les journaux au sujet de ce qui s'est passé en Syrie il y a quelques jours", a déclaré Ehoud Barak lors de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, dimanche 3 février. "Mais je ne cesse de répéter en toute franchise quelle est notre position et c'est une preuve supplémentaire que, lorsque nous disons quelque chose, ce ne sont pas des paroles en l'air. Nous disons que nous ne jugeons pas possible d'autoriser l'acheminement d'armes perfectionnées au Liban", a-t-il ajouté.

À travers cette déclaration, le ministre israélien de la Défense a implicitement confirmé le raid aérien mené, mercredi 30 janvier, sur le sol syrien. Il s’agit de la première réaction des autorités israéliennes à ce sujet.

Un centre de recherche endommagé

Plusieurs sources concordantes - des diplomates, des rebelles syriens et des sources proches des services de sécurité de la région - affirment, en effet, que l'aviation israélienne a bombardé un convoi transportant apparemment des armes à destination du Hezbollah libanais, près de la frontière avec le Liban. La Syrie dément cette version et assure que la cible était, en fait, le complexe militaire de Jamraya, en périphérie de Damas, à 13 km de la frontière.

Ces versions contradictoires pourraient en fait porter sur le même incident, estiment des diplomates, étant donnée la proximité de Jamraya avec la frontière et la présence de véhicules bombardés dans ce complexe militaire.

Selon le New York Times daté du 3 février, le raid mené par Tsahal pourrait avoir endommagé le principal centre de recherche sur les armes biologiques et chimiques. Selon un responsable américain cité par le journal, les dégâts causés ont probablement été provoqués par des bombes visant des véhicules transportant des armes anti-aériennes et ensuite par l'explosion de missiles. 

Assad accuse Israël de vouloir "déstabiliser" la Syrie

La télévision d'État syrienne a, pour la première fois, diffusé des images de cette base militaire. Elles montrent des bâtiments et plusieurs véhicules, manifestement capables de transporter des missiles, fortement endommagés. Au moins un véhicule était équipé de ce qui semble être un radar.

On peut aussi voir des voitures et des camions calcinés ainsi que l'intérieur dévasté d'un bureau. Sur l'un de ces camions, un trou béant est visible sur le toit de la cabine du chauffeur.

Dans sa première réaction publique à ce raid, le président syrien Bachar al-Assad, confronté depuis mars 2011 à un soulèvement interne, a estimé qu'il "dévoile le véritable rôle joué par Israël, en collaboration avec les forces étrangères ennemies [...], pour déstabiliser la Syrie".

Le raid mené par l'aviation israélienne a été condamné par la Russie et l'Iran alors que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit "gravement préoccupé" et a appelé au respect de la souveraineté des États.

FRANCE 24 avec dépêches