
Les élèves de l'école Sandy Hook, où un jeune de 20 ans a ouvert le feu le 14 décembre, tuant 26 personnes dont une vingtaine d’enfants, retrouvent aujourd’hui leurs classes. Une nouvelle école ultra-sécurisée a été aménagée non loin de Newtown.
Vingt jours après le traumatisme qu’ils on vécu, les élèves de Sandy Hook vont retrouver les bancs de leur école. Les rescapés de cet établissement de Newtown, petite ville du Connecticut théâtre d'une fusillade qui a coûté la vie à 26 personnes - dont 20 enfants de CP - le 14 décembre dernier, retrouvent pour la première fois ce jeudi dans des salles quasi identiques à leurs anciennes classes les bureaux et les chaises qu’ils ont laissés. Seule différence : leur nouvel établissement ultra-sécurisé n’est pas situé à Newtown mais à une dizaine de kilomètres de là, dans la ville voisine de Monroe. Le collège Chalk Hill, fermé l'an dernier, a en effet été repeint, adapté et rebaptisé "école primaire de Sandy Hook", pour accueillir les quelque 500 rescapés.
Selon la responsable locale des écoles, Janet Robinson, tous ces objets ont été transportés pour aider les enfants à reprendre une routine jugée indispensable. La nouvelle école a également été décorée de milliers de papiers en forme de flocons de neige réalisés par d'autres élèves de Newtown mais aussi du pays tout entier.
Psychologues et policiers présents
L'ancienne directrice de Sandy Hook, Donna Page, qui avait pris sa retraite en 2010, assure l'intérim, après le décès de la directrice Dawn Hochsprung, tuée dans la tragédie.
"Nous comprenons que de nombreux parents auront peut-être besoin d'être près de leurs enfants pour leurs premiers jours d'école et vous serez les bienvenus", a-t-elle indiqué, les encourageant cependant à recréer eux aussi pour leurs enfants "une routine familière" en les laissant notamment prendre le bus scolaire.
Une journée portes ouvertes a été organisée mercredi afin de permettre aux élèves de venir avec leurs parents se familiariser avec le nouveau lieu. S’il est vrai que tout est fait pour que les élèves retrouvent un quotidien "habituel", il n’en reste pas moins que les mesures de sécurité ont été renforcées. "Le chef de la police locale a ainsi estimé que la nouvelle école était probablement la plus sûre du pays", rapporte Emmanuel Saint-Martin, envoyé spécial de FRANCE 24 à Newtown.
Les autorités ont annoncé que des policiers armés seront présents à l'arrivée des élèves et que toutes les voitures seraient arrêtées, leur conducteur interrogé. "Il y aura également des psychologues présents ce jeudi pour soutenir et accompagner les enfants", ajoute Emmanuel Saint-Martin.
La législation sur les armes à feu, nouveau défi pour Barack Obama
La ville de Newtown reste profondément traumatisée par le massacre, qui a suscité un débat national sur les armes à feu. Son auteur, Adam Lanza, s'est suicidé à l'arrivée de la police et ses motivations n'ont jamais été établies.
"C'était le pire jour de ma présidence et je ne veux pas que cela se reproduise", a déclaré la semaine dernière le président américain Barack Obama, qui s’était montré particulièrement ému par le drame. Il a, depuis, promis de jeter "tout son poids" politique dans le débat politique, chargeant notamment son vice-président, Joe Biden, de présenter des recommandations d'ici à la fin de janvier pour prévenir ces tueries.
Le président a, en outre, appelé le Congrès à voter un projet de loi interdisant notamment les fusils d'assaut et les chargeurs à grande capacité. Reste qu’il est "probable qu’il se heurte à une grande résistance", estime Emmanuel Saint-Martin. "On connaît notamment la puissance du lobby des armes à feu", explique-t-il. Et de conclure : "S’il veut faire avancer les choses, ce sera au prix d’une véritable bataille politique".
Avec dépêches