
En 1971, 343 femmes signaient dans Le Nouvel Observateur le "Manifeste des 343 salopes" dans lequel elles reconnaissaient avoir avorté. Jeudi, l'hebdomadaire publie cette fois l'appel de 313 femmes déclarant avoir été violées.
Quarante et un ans après avoir publié le "Manifeste des 343 salopes" rédigé par Simone de Beauvoir pour faire avancer la cause de l’avortement, le Nouvel Observateur publie dans son édition de jeudi le "Manifeste des 313", signé de la main de plus de 300 femmes qui déclarent toutes avoir été violées. Un "acte politique" pour "briser le silence" et interpeller les pouvoirs publics sur les "stéréotypes" entourant ce crime.
À l'origine du manifeste dont elle est la première signataire, la féministe et militante de la gauche radicale Clémentine Autain. "Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol. Nous voulons briser le silence sur ces millions de femmes violées. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir été violée. Le dire publiquement, ensemble, est un acte politique", y écrit-elle.
Une femme est violée toutes les huit minutes en France
Elles sont donc 313 à évoquer publiquement ce traumatisme. Parmi elles figurent les noms de l'ex-championne de tennis Isabelle Demongeot et de Marie-Laure de Villepin, ancienne épouse de l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin, en passant par l'auteur et scénariste Frédérique Hébrard.
Ce texte, publié à quelques jours de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le 25 novembre, rappelle qu'"en France, une femme est violée toutes les huit minutes" et que trop de clichés entourent cet acte criminel. 80 % des viols restent aujourd'hui, en effet, commis par un proche - conjoint, amant, père, grand-père, ami de la famille. Une réalité bien loin du stéréotype selon lequel le violeur est un psychopathe violent entraînant sa victime en minijupe dans une ruelle obscure. Selon les associations, 75 000 à 100 000 personnes sont violées chaque année en France.