C’est un projet unique en Europe. Cinq pays transfrontaliers du Danube, la Croatie, la Slovénie, l’Autriche, la Serbie et la Hongrie ont uni leurs efforts pour protéger une zone de 800 000 hectares sur les bords du plus long fleuve d’Europe. Baptisé "l’Amazone de l’Europe", ce projet est toutefois en péril.
C’est une nature vierge et une biodiversité unique regroupées à la rencontre du Danube et de ses affluents de la Drava et de la Mura, situés à la frontière de la Croatie et de la Hongrie. 800 000 hectares au total qui s’étalent sur cinq pays d’Europe centrale, et une faune et une flore exceptionnelles. Ce fragile équilibre est toutefois en péril. Les autorités croates prévoient la construction de digues sur 53 kilomètres du cour d’eau de la Drava pour contenir les inondations et faciliter le trafic fluvial.
Un projet que les écologistes ne voient pas d’un bon œil. "C’est la plus grosse attaque contre le Danube de ces trente dernières années, lance Arno Mohl, chargé de mission au sein de l’association WWF et fondateur du projet Amazone de l’Europe. Du jamais vu. Le problème c’est que ces travaux de régulation vont assécher les zones marécageuses de cette région et le parc Kopacki Rit qui est unique au monde. C’est vraiment un crime".
Les écologistes européens qui se mobilisent pour défendre "l’Amazone de l’Europe" ont d'ailleurs déjà obtenu une première victoire. Une demande d’inscrire la zone sur la liste des sites protégés par l’UNESCO a été déposée, et l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture a répondu favorablement le 11 juillet dernier.