logo

L’AIEA évoque une révision des normes de sécurité atomique

Le patron de l’AIEA, Yukiya Amano, annonce une réunion internationale en juin pour tirer les conséquences de la catastrophe de Fukushima. Un pis-aller pour le réseau Sortir du nucléaire qui dénonce un discours "tout sécuritaire".

L’industrie du nucléaire peut mieux faire, mais comment ? Rendez-vous en juin pour le savoir. Pour l’heure, Yukiya Amano, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), fixe les échéances. Il a annoncé jeudi une réunion des pays membres de l’OCDE à Vienne pour tirer les premiers enseignements de la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon.

"Nous commencerons à avoir suffisamment d’éléments pour appréhender la manière d'adapter les normes existantes pour plus de sécurité", a souligné Yukiya Amano lors d’une conférence de presse sur la situation au Japon, en compagnie du secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, jeudi. C’est la première fois depuis l’accident à la centrale de Fukushima, survenu le 11 mars, que le patron de l’AIEA évoque la possibilité de changer les règles internationales de sécurité atomique.

Sûreté, sûreté, sûreté. Les patrons de l’AIEA et de l’OCDE n'avaient que ce mot à la bouche. "De nombreuses leçons peuvent être tirées de l'accident de Fukushima, en matière de conception, d'exploitation, de maintenance et de construction des futures centrales", a affirmé Angel Gurria. De retour d’un déplacement au Japon, Yukiya Amano a, pour sa part, estimé que la catastrophe nucléaire y était "toujours en cours" mais que la situation était "stabilisée".

"Promotion de l’EPR français"

Ce message rassurant irrite les associations militant pour sortir du nucléaire. "Les acteurs du secteur tentent de balayer le débat sur la sortie du nucléaire en promettant toujours plus de sûreté, alors que l’on sait parfaitement qu’il n’y a pas de risque zéro", regrette dans un entretien à FRANCE 24 Laura Hameaux, porte-parole du réseau français Sortir du nucléaire.

Yukiya Amano a ainsi jugé "positive" la proposition française de créer une "task force internationale d’intervention rapide" en cas d’accident nucléaire. "Une option qui devra être débattue lors de la réunion de Vienne", a-t-il indiqué. Une fausse bonne idée pour le réseau Sortir du nucléaire. "Cela revient à dire que les installations ne sont pas sûres à 100%, puisqu’on mettrait en place une institution pour gérer les catastrophes, et cela justifie encore un peu plus la nécessité d'un vrai débat sur la sortie du nucléaire", souligne Laura Hameaux.

La porte-parole craint surtout que cette réunion à Vienne ne soit une "vaste opération de promotion des EPR [les réacteurs nouvelles générations français, NDLR], alors que nous n'en avons vu aucun fonctionner encore". La réunion prévue entre Yukiya Amano et le président français Nicolas Sarkozy jeudi soir ne sera sans doute pas de nature à la rassurer.