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Protectionnisme : La Chine en fait-elle trop ?

Chaque jour les hommes s'échangent des milliards de dollars de marchandises. Même si la crise financière de 2008 a ralenti ce commerce, une autre menace est elle bien réelle : il s'agit du protectionnisme. Le journal de l'Intelligence Economique d'Ali Laïdi a enquêté sur la Chine, un pays souvent critiqué pour sa pratique du protectionnisme à outrance.

En 2010, deux rapports émanant d'une part de la Chambre Américaine de Commerce en Chine et d'autre part de la Chambre de Commerce et d'Industrie Européenne en Chine, ont ouvertement critiqué les mesures protectionnistes de l'Empire du Milieu. Cette tendance à surprotéger et favoriser les acteurs nationaux n'en finit plus d'inquiéter les partenaires économiques de Pékin.

"Les entreprises européennes veulent investir et apporter leur technologie en Chine. Mais pour cela, elles doivent pouvoir lutter à armes égales avec leurs concurrents" explique Jacques de Boisséson, président de la Chambre Européenne de Commerce en Chine.

En effet, les entreprises étrangères sont trop souvent sujet à des réglementations trop strictes ainsi qu'à une administration chinoise pointilleuse. Les conditions d'implantations dissuasives imposées par la Chine attisent les griefs des experts. Pour Jacques de Boisséson "La chine ne respecte pas complètement les engagements qu'elle a pris lors de son adhésion à l'OMC."

Christian Murck est le président de la Chambre Américaine de Commerce en Chine. Il est aussi l'auteur d’un rapport très critique envers Pékin dans lequel il tient les autorités publiques chinoises pour responsables. Christian Murk leur reproche de développer leurs champions nationaux en protégeant leur marché intérieur et ce, au détriment des entreprises étrangères.
Christian Murck cite comme exemple la difficulté pour les entreprises étrangères d'obtenir les licences nécessaires dans le domaine des télécommunications.

Cependant à Bruxelles, le commissaire européen au Commerce, Karel de Gucht, estime que le protectionnisme ne menace pas le commerce mondial.

"Dans la plupart des cas, le protectionnisme n'est pas mal intentionné. Il y a naturellement une forte pression sur les politiciens pour prendre de telles mesures, pour protéger par exemple, les emplois". Mais selon lui, "l'histoire nous enseigne que le protectionnisme n'a pas les résultats que ceux qui l'introduisent voudraient obtenir".

D'autres pays, comme la Russie, sont également pointés du doigt par la Commission Européenne. Selon elle, "Moscou abuserait du patriotisme économique".

Dans ces conditions, une question se pose aux Européens : faut-il apporter une aide aux multinationales européennes afin qu’elles puissent lutter à armes égales ?

Pour Karel de Gucht, "une multinationale qui fonctionne bien ne l'est pas sur la base du soutien de son gouvernement". Selon lui , l’entreprises doit avoir une bonne organisation, un bon financement et un produit de qualité. "L'idée que la qualité d'une multinationale est caractérisée par le soutien national est erronée", conclut-il.

A Bruxelles, officiellement, la guerre économique n’existe pas.