
La Garde civile a mené une vaste opération antidopage dans plusieurs régions d'Espagne, qui a donné lieu à l'interpellation de plusieurs personnes. Parmi elles figure Marta Dominguez (photo), championne du monde du 3 000 m steeple en 2009.
AFP - Plusieurs personnes ont été interpellées jeudi lors d'une opération antidopage en Espagne, dont Marta Dominguez, championne du monde 2009 de 3.000 m steeple, qui était entendue en fin de journée par la Garde civile, et son entraîneur Cesar Perez.
Marta Dominguez a été conduite dans les locaux de la Garde civile à Palencia, dans le nord de l'Espagne, où elle vit, a rapporté un photographe de l'AFP.
Durant cette opération baptisée "Galgo" et menée simultanément par la Garde civile dans plusieurs régions d'Espagne, "plusieurs personnes ont été arrêtées dont Cesar Perez et Manuel Pascua Piqueras", un des entraîneurs espagnols d'athlétisme les plus primés, selon des sources judiciaires à Madrid.
Plusieurs perquisitions ont été effectuées notamment à Palencia, au domicile de Marta Dominguez, ainsi que dans des maisons et des entreprises à Alicante (est), à Madrid et à Las Palmas (Canaries).
Marta Dominguez, championne du monde du 3.000 m steeple en 2009 et médaille d'argent sur 5.000 m aux mondiaux de 2001 et 2003, est actuellement enceinte et retirée de la compétition, mais son souhait est de revenir sur les stades.
Parmi les domiciles perquisitionnés figurent également celui de l'ex-cycliste Alberto Leon et d'un médecin, Eufemiano Fuentes, selon les médias espagnols.
Le docteur Fuentes, qui a été interpellé selon les médias espagnols, avait été accusé d'être le cerveau d'un vaste réseau de dopage dans le monde sportif mis au jour en 2006, lors d'une opération de police, baptisée Opération Puerto, qui aurait permis de découvrir des produits dopants et une centaine de sacs de produits sanguins dans son laboratoire.
Une précédente opération antidopage, menée en novembre 2009, s'était soldée par dix interpellations. Parmi les personnes impliquées se trouvait le marcheur espagnol Paquillo Fernandez, vice-champion olympique en 2004 du 20 km marche.
Ce dernier, recordman du monde du 10 km marche depuis 2008, avait admis ensuite détenir des substances interdites mais assuré qu'il ne les avait pas consommées.
L'Espagne a été secouée ces dernières années par plusieurs affaires de dopage, notamment dans le cyclisme, et accusée de ne pas faire assez pour répondre à ce problème.
La Fédération espagnole d'athlétisme (RFEA) a demandé jeudi "le respect de la présomption d'innocence" et indiqué que tous ses athlètes de haut niveau avaient subi "de nombreux contrôles" antidopage, "aussi bien en compétition qu'en dehors, dont certains ces dernières semaines".
Ces contrôles, a souligné la Fédération, "se sont avérés négatifs à l'exception d'un cas" qui n'a pas encore été tranché.
Ce cas semble être celui de Jose Luis Blanco, médaille de bronze du 3.000 m steeple au Championnat d'Europe à Barcelone (Espagne) l'été dernier, qui a reconnu faire l'objet d'une enquête après un contrôle lors du Championnat d'Espagne les 17 et 18 juillet à Aviles, dans le nord de l'Espagne.
En septembre, l'Union cycliste internationale (UCI) avait suspendu provisoirement l'Espagnol Alberto Contador, triple vainqueur du tour de France, après un contrôle antidopage qualifié "d'anormal" lors du Tour de France l'été dernier.
Quatre autres coureurs cyclistes espagnols - Oscar Sevilla, Ezequiel Mosquera, David Garcia et Margarita Fullana - ont été suspendus ces derniers mois pour des contrôles positifs.
"J'espère que le gouvernement espagnol comprendra et fera quelque chose", avait déclaré le 2 octobre le président de l'UCI, Pat McQuaid, à propos de ces affaires.
Le secrétaire d'Etat aux Sports Jaime Lissavetzky avait déclaré quelques jours plus tard qu'il y a en Espagne "une volonté politique de continuer à lutter contre le dopage".
Il s'agit "d'un problème global", qui n'est "ni plus ni moins important que dans le reste du monde", avait-il assuré.