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Les rebelles du Mend menacent d'attaquer Total

Le principal groupe rebelle du delta du Niger a fait exploser deux bombes à Warri, à l'ouverture d'une conférence de paix, ce lundi. Il menace également d'attaquer les installations du groupe pétrolier français Total dans le pays.

AFP - Le principal groupe armé du sud pétrolifère du Nigeria a fait exploser au moins deux bombes lundi à l'ouverture d'une conférence de paix à Warri, et menacé de s'en prendre aux installations du groupe pétrolier Total, jusque-là épargné par les attaques.

Les attentats se sont produits lundi matin à Warri, importante ville de l'Etat du Delta, où s'ouvrait une conférence de deux jours consacrée à la paix et aux pourparlers d'amnistie entre le gouvernement et les groupes armés opérant dans la région.

"Il y a eu deux explosions de voitures. La première s'est produite juste au moment où les gouverneurs arrivaient (pour la conférence), et la seconde environ une demi-heure plus tard", a déclaré à l'AFP Linus Chima, le porte-parole du gouverneur de l'Etat du Delta, Emmanuel Uduaghan, présent sur les lieux.

Une explosion, distante, a retenti peu après 11H00 (10H00 GMT). Une autre, qui semblait bien plus proche du centre de conférence, a eu lieu environ 20 minutes plus tard, selon une journaliste de l'AFP sur place. Elle s'est produite au moment où les participants pénétraient dans la salle de conférence, au siège du gouvernement local à Warri.

Un mouvement de panique a suivi la détonation, les participants sont sortis en courant, au milieu de la fumée et des débris de verre provenant des fenêtres soufflées.

Il n'était pas encore possible de savoir s'il y avait des blessés.

La conférence, prévue pour durer deux jours, devait réunir plusieurs centaines de personnes, dont des gouverneurs des Etats de la région du Delta du Niger ainsi que des leaders communautaires.

Le ministre fédéral chargé des Affaires de la région du Delta du Niger, Ufot Ekaette, était également présent, a constaté l'AFP.

Quelques minutes auparavant, les rédactions avaient reçu un communiqué du Mouvement d'émancipation du delta du Niger (Mend), principal groupe armé du sud pétrolier du Nigeria, annonçant avoir installé trois bombes à l'extérieur et à l'intérieur de l'enceinte où était prévue la conférence, et ordonnant l'évacuation des participants.

Plusieurs groupes armés opèrent dans le sud pétrolifère du sud du Nigeria, où une amnestie leur avait été offerte il y a six mois par le président Umaru Yar'Adua en échange de leur démobilisation, mais cette politique a fait long feu et des attaques ont repris ces derniers mois.

"Le dialogue sans fin et les conférences ne seront plus tolérées", écrit le Mend dans son communiqué, en dénonçant "le vol des terres des peuples du delta du Niger par les compagnies pétrolières" et les gouverneurs de la région, "qui pillent" leurs propres Etats.

"Dans les prochains jours nous mènerons des attaques contre les installations pétrolières et étendrons nos actions à des compagnies comme Total qui ont été épargnées par le passé", ajoute le Mend.

Contrairement aux géants anglo-néerlandais Shell et américain Chevron, le groupe français a été globalement épargné au cours des dernières années par les attaques des groupes armés.

Total a essentiellement des installations offshore, donc moins vulnérables, selon une source au sein du groupe.