
Le président de Cuba Raul Castro a annoncé un plan visant à réduire les dépenses publiques, incluant la suppression de certaines aides. En rupture avec les principes communistes, il a prôné que "chacun reçoive selon son travail".
AFP - Le président cubain Raul Castro a annoncé samedi plus de rigueur dans les dépenses et l'élimination progressive des "allocations indues" à la population, dans le cadre de mesures destinées à relancer l'économie exsangue de l'île communiste.
Après avoir résumé la difficile situation économique de l'île, le président cubain a déclaré qu'il fallait "rationaliser" les dépenses et "éliminer peu à peu les allocations indues et les subsides excessifs", lors d'un discours au Parlement qui a par ailleurs approuvé une loi repoussant l'âge de la retraite.
Les dépenses seront étroitement contrôlées par un organe qui doit être créé en 2009 et dépendra du gouvernement. "On ne peut pas diriger et contrôler et être à la fois tolérant, jouer le rôle de la bonne personne", a-t-il dit.
Dans le cadre de ce plan de rigueur, les déplacements à l'étranger des fonctionnaires et entrepreneurs cubains seront réduits de 50% en 2009, a annoncé M. Castro, 77 ans qui a pris la relève en juillet 2006 de son frère Fidel, 82 ans, malade.
Quant aux services offerts par l'Etat à la population, ils "doivent se limiter à assurer équitablement à tous les citoyens des questions vitales comme l'éducation, la santé, la sécurité et l'assistance sociale", a-t-il dit, prévenant que "pour maintenir le niveaux actuels, il faut produire plus".
"Si je n'ai pas besoin de travailler pour satisfaire mes besoins et que l'on me donne des choses gratuites par ci par là, je ne vais pas demander à travailler", a-t-il dit.
Il a souligné que "chacun devait recevoir selon travail" et que le salaire devait retrouver "sa vraie valeur". Une loi sur le déplafonnement des salaires, la première mesure à avoir prise M. Castro en rupture avec le dogme communiste de l'égalitarisme en la matière, doit entrer en vigueur le mois prochain.
Le président s'est félicité de la loi sociale qui repousse de cinq ans l'âge de la retraite à 65 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes, y voyant une mesure "respectueuse des intérêts des travailleurs et qui tient compte de la réalité économique et démographique" de ce pays.
Quelque 1.600 retraités ont par ailleurs accepté de reprendre leur travail d'enseignants cette année pour combler un déficit, a-t-il souligné.
La séance du Parlement, qui se réunit deux fois l'an, s'est terminée sur un hommage à Fidel Castro, 82 ans, "Lider maximo" d'une Révolution qui marque le 1er janvier son cinquantième anniversaire.
Dans une "réflexion" qu'il multiplie dans la presse locale depuis sa "retraite médicale", Fidel Castro avait appelé à plus de contrôles sur les ressources du pays, mais aussi à revenir à un socialisme "pur et dur" face à la crise économique mondiale.
L'économie cubaine traverse une période très difficile en raison notamment de la baisse en 2008 sur les marchés mondiaux de 41% sur un an des prix du nickel, principal produit d'exportation cubain, et du passage de trois ouragans ayant causé en 2008 pour 10 milliards de dollars de pertes, soit 20% du PIB de cette île de 11,2 millions d'habitants.