
L'affaire Jaminet prend une tournure judiciaire. Une enquête est en cours pour "menace de mort à raison de l'origine" après les propos racistes tenus dans une vidéo par l'arrière du XV de France Melvyn Jaminet, a indiqué, mardi 16 juillet, le parquet de Paris à l'AFP.
Elle est ouverte depuis le 9 juillet et fait suite à un signalement de SOS Racisme, selon le parquet, qui n'a pas encore reçu le signalement de la Fédération française de rugby (FFR).
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Accepter Gérer mes choix"Ma daronne (ma mère, NDLR) qui me demande si j'ai fait la fête (il souffle). Je te jure, le premier Arabe que je croise sur la route je lui mets un coup de casque", déclarait, visiblement énervé, Jaminet (25 ans, Toulon, 20 sélections) dans cette courte vidéo non datée, postée sur Instagram et ensuite supprimée.
La vidéo avait été postée sur les réseaux sociaux après le test-match des Bleus disputé le 6 juillet à Mendoza, en Argentine, contre les Pumas argentins.
Ce dérapage intervient également dans un contexte de tension, la veille des résultats des élections législatives, après une campagne marquée par la libération de la parole raciste en France.
Dans un communiqué publié rapidement après la diffusion de cette vidéo, la Fédération française de rugby avait condamné "avec la plus grande fermeté" les propos tenus par Melvyn Jaminet, "totalement inacceptables et contraires aux valeurs fondamentales de notre sport".
Le président de la FFR promet la "tolérance zéro"
Le joueur avait "été mis à l'écart avec effet immédiat", avait ajouté la FFR, soulignant qu'une "enquête interne" était en cours pour "prendre les mesures appropriées". Il avait rapidement regagné la France, accompagné par le team manager Bernard Viviès.
Le président de la FFR, Florian Grill, a par ailleurs annoncé, mardi 16 juillet, qu'un signalement avait été effectué le 12 juillet "afin de faire toute la lumière sur la tenue de ces propos d'une extrême gravité".
Le 7 juillet au soir, l'arrière international avait publié un message d'excuses sur son compte Instagram, se disant "profondément désolé et honteux".
Par ailleurs, le club de Toulon, qui avait immédiatement condamné les propos de son joueur, a annoncé l'ouverture d'une "enquête interne". Selon plusieurs médias, Jaminet est attendu vendredi au siège du Rugby club toulonnais pour un entretien préalable à une sanction.
Florian Grill a aussi promis mardi la "tolérance zéro" après une tournée "dramatique" en Amérique du Sud, marquée par l'inculpation de deux joueurs en Argentine pour viol aggravé et la vidéo raciste d'un troisième.
Outre l'affaire Jaminet, deux joueurs de l'équipe de France de rugby, Hugo Auradou et Oscar Jegou, sont détenus en Argentine où une femme les accuse de l'avoir violée à plusieurs reprises et battue dans une chambre d'hôtel, la nuit du 6 au 7 juillet, après la victoire des Bleus à Mendoza. Ils ont été inculpés, le 12 juillet, pour viol aggravé et encourent de 8 à 20 ans de prison.
Le XV de France a disputé un deuxième match contre l'Argentine, le 13 juillet à Buenos Aires, avec à la clef une victoire pour les Pumas (33-25). Les joueurs et l'encadrement ont regagné l'Hexagone le 15 juillet.
Avec AFP