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En Irak, un chef et un membre du Hachd al-Chaabi tués par une frappe attribuée à Washington
Un chef et un autre membre du Hachd al-Chaabi, coalition de groupes armés proches de l'Iran, ont été tués jeudi à Bagdad par une "frappe de drone". Le gouvernement irakien a dénoncé une "agression" perpétrée par la coalition internationale antijihadiste, emmenée par les États-Unis, sans toutefois pointer du doigt Washington nommément.

Les répercussions de la guerre à Gaza se poursuivent en Irak. Un chef et un autre membre du groupe armé pro-iranien Hachd al-Chaabi ont été tués jeudi 4 janvier à Bagdad par une "frappe de drone" attribuée aux États-Unis.

Le gouvernement irakien, soutenu par des partis pro-iraniens, a pour sa part évoqué une "agression" contre l'Irak perpétrée par la coalition internationale antijihadiste, sans toutefois pointer du doigt Washington nommément.

Ces dernières semaines, les groupes armés du Hachd al-Chaabi irakien ont été à plusieurs reprises la cible de bombardements, dont certains ont été revendiqués par les États-Unis, pays honni des factions pro-iraniennes pour son soutien à Israël dans le conflit déclenché le 7 octobre après l'attaque sans précédent du Hamas sur le sol israélien.

Une nébuleuse affiliée au Hachd al-Chaabi et baptisée "Résistance islamique en Irak" revendique, elle, quasi systématiquement les attaques de drones et de roquettes qui visent les troupes américaines et celles de la coalition internationale antijihadiste déployées en Irak.

La frappe "de drone" jeudi a visé "un centre de soutien logistique du Hachd al-Chaabi" dans l'est de la capitale irakienne, a indiqué un responsable sécuritaire sous couvert d'anonymat, précisant que "deux membres (du Hachd al-Chaabi, NDLR) avaient été tués et sept autres blessés".

"Le commandant adjoint des opérations pour Bagdad, Mushtaq Talib al-Saïdi" est "tombé en martyr dans une frappe américaine", a précisé le mouvement Al-Nujaba, l'une de ces factions pro-iraniennes et farouchement antiaméricaines, dans un communiqué.

Une source au sein du Hachd al-Chaabi a confirmé ce bilan et attribué la frappe aux forces américaines.

Interrogé par des journalistes, un responsable militaire américain n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Sur des vidéos diffusées sur une chaîne Telegram proche du Hachd al-Chaabi, on pouvait voir des colonnes de fumée s'élever dans le ciel depuis le bâtiment situé dans la rue Palestine, une artère commerçante et très fréquentée de Bagdad.

Des attaques quasi quotidiennes contre les forces étrangères

Le gouvernement irakien du Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani a qualifié d'"escalade et d'agression dangereuses" cette frappe, dont il a rendu la coalition internationale responsable.

Porté au pouvoir par une majorité parlementaire pro-Iran, son gouvernement est contraint de se livrer à un délicat exercice d'équilibriste pour préserver les liens stratégiques unissant son pays à Washington.

Certains partis qui soutiennent Mohamed Chia al-Soudani sont la vitrine politique de factions du Hachd al-Chaabi, une coalition d'anciens paramilitaires chiites proches de l'Iran et désormais intégrés aux forces régulières irakiennes.

Les troupes américaines et celles de la coalition internationale antijihadiste déployées en Irak et en Syrie sont visées quasi quotidiennement par des attaques de drones et de roquettes depuis le début de la guerre le 7 octobre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas à Gaza.

Depuis le 17 octobre, les États-Unis ont recensé plus d'une centaine d'attaques en Irak et en Syrie contre leurs troupes.

Washington compte environ 2 500 militaires en Irak et 900 en Syrie, dans le cadre d'un dispositif destiné à lutter contre une éventuelle résurgence des jihadistes du groupe État islamique.

Avec AFP