
Mahmoud Abbas s'est entretenu ce lundi avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Le ministre des Affaires étrangères a fustigé le comportement du Hamas et affirmé son soutien au président de l'Autorité palestinienne.
AFP - La Russie a soutenu lundi face au Hamas le président palestinien Mahmoud Abbas, en visite à Moscou, réitérant également son souhait d'accueillir une conférence sur le Proche-Orient en 2009.
"Je vous félicite pour votre élection comme président de l'Etat de Palestine", a déclaré le président russe Dmitri Medvedev en recevant M. Abbas au Kremlin.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont le maintien à ce poste après le 8 janvier est contesté par ses rivaux du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, a été désigné le 23 novembre "président de l'Etat de Palestine" par une instance clef de l'OLP.
"Je suis sûr que nous allons travailler ensemble d'une manière fructueuse surtout que les problèmes auxquels la région est confrontée s'accroissent malheureusement", a ajouté M. Medvedev.
"La direction russe soutient et appuie le président Abbas, le président légitime de tout le peuple palestinien", avait auparavant souligné le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, dans une pique au Hamas.
Le ministre russe a aussi rappelé la nécessité de rejeter "toute violence et le terrorisme", alors que le Hamas a menacé lundi de reprendre les attentats suicides visant Israël.
M. Lavrov a haussé le ton contre le Hamas, critiquant ses "provocations" et son boycott du dialogue de réconciliation interpalestinien. Moscou avait auparavant dénoncé la décision du mouvement islamiste de ne pas reconduire au-delà du 19 décembre sa trêve avec Israël.
Ce soutien à M. Abbas est d'autant plus significatif que la Russie est le seul membre du Quartette sur le Proche-Orient (Union européenne, ONU, Etats-Unis et Russie) à entretenir des relations avec le Hamas.
M. Lavrov a aussi salué l'attachement de M. Abbas et de la Russie à la Feuille de route, un plan de paix rédigé par le Quartette qui est dans l'impasse depuis son lancement en 2003 et qui prévoit la création d'un Etat palestinien.
Le ministre russe a souligné l'importance de la conférence de novembre 2007 à Annapolis, aux Etat-Unis, sur le conflit israélo-palestinien.
L'objectif d'un accord en 2008 est cependant resté lettre morte, les pourparlers ayant été notamment minés par la poursuite de la colonisation juive, les violences à Gaza et les divisions palestiniennes.
"Nous apprécions l'attachement de M. Abbas au processus de paix d'Annapolis et je suis sûr que ce processus va se poursuivre à Moscou l'année prochaine", a déclaré M. Lavrov.
M. Abbas a pour sa part remercié la Russie et indiqué "apprécier" son rôle dans le processus de paix. Il a aussi rappelé son attachement "à la conférence d'Annapolis" et dit "espérer" que ces pourparlers se poursuivent à Moscou en 2009.
Les Palestiniens craignent que ces négociations soient menacées par un retour au pouvoir du Likoud, la droite israélienne, à l'occasion d'élections en février.
Le président palestinien est arrivé dimanche à Moscou, après une visite surprise à Grozny, capitale de la Tchétchénie. Cette région du Caucase russe est encore le terrain d'une rébellion indépendantiste et islamiste.
"Vous avez visité Grozny. C'était un voyage très utile", a souligné M. Medvedev.
Avant la Russie, M. Abbas était à Washington pour faire ses adieux au président américain sortant George W. Bush et plaider pour une poursuite du processus de paix après son départ de la Maison Blanche.
M. Abbas a commencé sa visite moscovite lundi en déposant un gerbe de fleurs sur la tombe du patriarche orthodoxe russe Alexis II, décédé le 5 décembre.