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Une visite du dalaï-lama dans le pays provoque la colère de Pékin

Le chef spirituel tibétain est arrivé, ce dimanche, dans l'État indien de l'Arunachal Pradesh, frontalier avec la Chine. Pékin, qui revendique une partie de ce territoire, considère cette visite comme une provocation.

AFP - Le dalaï lama est arrivé dimanche dans un monastère tibétain de l'Etat indien de l'Arunachal Pradesh, frontalier de la Chine, pour une visite à laquelle s'est vivement opposé Pékin qui revendique une partie de ce territoire.

Des milliers de Bouddhistes ont applaudi et acclamé le dalaï lama alors que son hélicoptère atterrissait près du monastère de Tawang, à 3.500 mètres d'altitude, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Fin octobre, la Chine avait exprimé sa "ferme opposition" à cette visite considérée comme une provocation destinée à nuire aux relations entre les deux pays.

Le chef spirituel tibétain avait indiqué le 31 octobre à Tokyo qu'il soutenait l'Inde dans ce conflit frontalier.

Les autorités chinoises accusent le dalaï lama, qui vit en exil à Dharamsala, dans le nord de l'Inde, depuis qu'il a fui le Tibet après l'échec d'un soulèvement antichinois à Lhassa en 1959, de rechercher l'indépendance du Tibet, ce qu'il récuse.

Le chef spirituel a renoncé depuis longtemps à l'indépendance du Tibet et opté pour une diplomatie dite de la "voie moyenne" consistant à réclamer une large "autonomie culturelle" pour cette vaste région.

La question de l'Arunachal Pradesh, bordé au Nord par le Tibet, reste un sujet sensible dans les relations sino-indiennes même si les deux pays ont mis en place en 2003 un mécanisme de dialogue sur la délimitation de leurs frontières.

L'Inde affirme que la Chine occupe 38.000 km2 de son territoire au Cachemire. Pékin rétorque qu'une partie de l'Arunachal Pradesh, qui couvre 90.000 km2, lui appartient et fait partie du Tibet.

Le monastère de Tawang, construit il y a 400 ans, a été le premier lieu de résidence du dalaï lama après sa fuite du Tibet, en 1959.

Cette visite intervient alors que la tension est montée ces derniers mois entre la Chine et l'Inde au sujet de leur conflit territorial sur la frontière de l'Himalaya - qui avait provoqué un conflit bref mais sanglant en 1962 - la presse faisant état de mouvements de troupe et d'incursions des deux côtés.

Le Premier ministre indien, Manmohan Singh, avait visité la région le mois dernier dans le cadre d'une campagne électorale, provoquant des protestations de la part de Pékin.