
Le nouveau bilan publié dimanche par une ONG birmane de soutien aux prisonniers politiques fait état de 557 morts depuis le coup d'état militaire du 1er février. Ulcérées par la répression sanglante du nouveau régime militaire à l'égard des civils, plusieurs factions rebelles ont de leur côté promis de "réexaminer" l'accord de cessez-le-feu signé en 2015 avec l'armée.
Alors que la répression continue en Birmanie, dix des principales factions rebelles ont annoncé samedi "réexaminer" l'accord de cessez-le-feu signé à partir de 2015 avec l'armée.
L'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP) annonce dimanche 4 avril, un nouveau bilan de 557 morts depuis le coup d'État militaire du 1er février. L'association fait également état de 2 658 personnes qui seraient détenues, sans accès à leur proche ou à un avocat, beaucoup sont portées disparues.
La puissante Union nationale Karen (KNU) appelle la multitude de minorités ethniques du pays à s'unir contre la junte.
Reprise des armes contre l'armée ?
Depuis l'indépendance de la Birmanie en 1948, de nombreuses factions ethniques armées sont en conflit avec le gouvernement central pour obtenir plus d'autonomie, l'accès aux nombreuses richesses naturelles ou une part du lucratif trafic de drogue.
À partir de 2015, l'armée avait conclu un accord national de cessez-le-feu (ANC) avec dix d'entre elles, dont la KNU. Peu après le coup d'État, elles avaient indiqué continuer à appliquer cet accord, malgré le passage en force des généraux.
Mais, depuis, "des centaines de civils, des enfants, des adolescents et des femmes, ont été tués" par les forces de sécurité, a écrit samedi Yawd Serk, chef du Conseil de restauration de l'État Shan, un de ces groupes rebelles.
Face à cela, les dix factions, qui ont entamé samedi une réunion de deux jours, vont "réexaminer" leur position sur l'ANC, a-t-il ajouté.
"Beaucoup de civils sont morts, dont des mineurs et des étudiants. Des écoles, des maisons et des villages ont aussi été détruits [au cours de ces frappes]", a relevé la KNU la faction la plus virulente contre la junte.
Le porte-parole de la junte, Zaw Min Tun, a déclaré de son côté "espérer que la majorité des membres de la KNU respecte[raie]nt le cessez-le-feu".
D'autres groupes armés ont déjà apporté leur soutien à la mobilisation démocratique et menacé de reprendre les armes contre l'armée.
Craintes d'une guerre civile
Malgré la répression, les manifestants sortent tous les jours, souvent en petits groupes, pour protester contre le rétablissement d'un régime militaire après une décennie de transition vers la démocratie.
"Les Birmans continuent à faire grève pour demander la fin de la dictature, pour la démocratie et les droits de l'Homme", a déclaré dimanche l'AAPP.
L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie, Christine Schraner Burgener, a mis en garde cette semaine contre un risque "sans précédent" de "guerre civile". Mais le Conseil de sécurité de l'ONU reste divisé. La Chine et la Russie sont catégoriquement opposées à l'idée de sanctions des Nations Unies, contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni qui en ont déjà imposé de leurs côtés.
Avec AFP