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L'Iran boycotte la réunion sur l'Afghanistan organisée à Paris

La quinzaine de pays participant à la réunion sur l'Afghanistan, organisée par la France, appellent à renforcer la coopération régionale. Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, pourtant attendu, n'a pas participé au meeting.

AFP - Les participants à une réunion internationale près de Paris sur l'Afghanistan ont appelé dimanche à renforcer la coopération régionale, estimant que la stabilité de ce pays conditionnait celle de tous ses voisins.

La réunion, qui a réuni une quinzaine de pays dont tous ses voisins sauf l'Iran, a convenu dans une déclaration "qu'il ne peut y avoir de sécurité et de paix sur le long terme dans la région sans un Afghanistan stable, en sécurité, prospère et démocratique".

Les pays représentés s'engagent à "apporter leur plein soutien au gouvernement afghan dans ses efforts pour parvenir à cet objectif" et promettent d'agir pour "renforcer la sécurité régionale".

La rencontre informelle de niveau ministériel s'est tenue à huis clos au château de La Celle-Saint-Cloud, en région parisienne, en présence du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner et de son homologue afghan, Rangeen Dadfar Spanta.

Cinq voisins immédiats de l'Afghanistan (Pakistan, Ouzbékistan, Turkménistan, Tadjikistan, Chine) ainsi que l'Inde étaient représentés, de même que l'UE, l'ONU et plusieurs grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Allemagne, Grande-Bretagne). L'Iran, dont les relations se sont tendues ces derniers jours avec la France, n'est finalement pas venu.

La rencontre doit se poursuivre dans la soirée par un dîner de travail à Paris au ministère des Affaires étrangères, élargi à une dizaine d'autres pays.

Les discussions ont plus particulièrement porté sur la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants, ainsi que sur la coopération économique, selon la déclaration.

Le texte condamne les attentats de Bombay qui ont fait 172 morts -dont les neuf assaillants- le mois dernier. Il souligne "le caractère régional du terrorisme et la nécessité d'une action visible, ferme et coordonnée contre les groupes terroristes".

Les pays de la région s'engagent à travailler à une meilleure sécurité de leurs frontières, tout en facilitant les échanges commerciaux et de personnes sans lien avec le terrorisme.

Une réunion ministérielle de suivi devrait se tenir en 2009 dans la région, toujours selon la déclaration.

"Nous avons tous fait le constat qu'il n'y aura pas de paix, de sécurité et de prospérité en Afghanistan sans la participation active de la région", a estimé M. Kouchner en clôturant la première partie des travaux. "Il n'y aura pas non plus de paix, de sécurité et de prospérité dans la région si l'Afghanistan n'est pas en paix", a-t-il ajouté.

"Nous sommes heureux d'avoir permis une journée de dialogue entre l'Afghanistan et ses voisins", a-t-il poursuivi, selon des propos communiqués par son ministère.

Le porte-parole du Quai d'Orsay, Eric Chevallier, a cherché à minimiser l'absence de l'Iran, acteur influent en Afghanistan. "Une fois le constat fait que l'Iran n'était pas là alors qu'il avait confirmé sa venue, tout le monde s'est mis au travail", a-t-il déclaré.