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"Greta Thunberg, la gravité de la Terre"

À la une de la presse, ce jeudi 14 mars, le Royaume-Uni en plein "Brexit-chaos", une alerte à la pollution sur les côtes françaises, et le regain de mobilisation des défenseurs de l'environnement.

À la une de la presse britannique, le vote, mercredi soir, des députés de la Chambre des communes, pour rejeter une sortie de l’Union européenne sans accord.

Après avoir refusé, à deux reprises, d’approuver l’accord conclu par Theresa May avec l’UE, les députés britanniques rejettent aussi le scénario du "hard Brexit". "C’est non, et encore non", martèle Metro, qui annonce que les parlementaires vont voter de nouveau ce jeudi, cette fois, sur la possibilité de reporter le Brexit, initialement prévu dans 15 jours. Pour ceux qui s’y perdraient, voici un résumé de la situation   : les députés ne veulent vraiment pas de l’accord de Theresa May, mais ne veulent pas non plus partir sans accord – en tout cas pas d’ici le 29   mars   –, tandis d’autres ne veulent pas partir du tout. Bref, "le chaos règne", résume The Daily Mail. Qu'à cela ne tienne   : Theresa May, décidément jamais à court d’idées, propose maintenant d’élaborer une nouvelle version du Brexit, qui serait présentée, pour la troisième fois, devant les députés. "Débâcle", réagit The I, en évoquant "l’effondrement complet de la discipline au sein du parti conservateur", le parti de Theresa May.

La presse britannique n’accorde plus aucune chance de survie politique à la Première ministre. D’après The New Statesman, le "robot" Theresa May serait désormais totalement hors service. "Elle a perdu le contrôle et le Royaume-Uni est devenu ingouvernable", s’alarme le magazine, tandis que The New European annonce qu’il y a finalement une chose sur laquelle TOUS les Britanniques peuvent se mettre d’accord   : il "est temps pour Theresa May de partir". Le très europhile journal se paie même le luxe de lui demander de ne pas abîmer le "backstop", le filet de sécurité destiné à éviter le retour d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, en refermant la porte derrière elle. Mais Theresa May en a vu d’autres, rappelle The Guardian, et espère encore réussir à tordre le bras de ses camarades tories, en leur mettant une nouvelle fois un marché en mains   : "Soit la soutenir, elle et son projet de Brexit, soit perdre le Brexit à tout jamais".

Les dessinateurs de presse n’en perdent pas une miette. Dans le dessin de Blower, les Britanniques sont dans l’œil du cyclone et tous sont emportés, ceux qui veulent le Brexit, comme ceux qui n’en veulent pas. Rien n’y résiste, pas même Big Ben. La dessinatrice australienne Cathy Wilcox associe, elle, les atermoiements britanniques aux insatisfactions de Boucle d’or, cette petite fille qui s’introduit dans la maison de trois ours, dont elle vole les soupes. "Ooh, ce Brexit est trop chaud. Et ce Brexit est trop froid. Alors   ?", demande-t-elle. Dans le conte pour enfants, c’est en goûtant celle du petit ours, que Boucle d’or trouve enfin une soupe à son goût. Tout n’est peut-être pas perdu. Deux dessins trouvés sur Twitter.

En France, le naufrage, mardi, du navire italien Grande America, qui a sombré dans l'Atlantique au large de La Rochelle, provoque de sérieuses inquiétudes. "Alerte à la pollution sur nos côtes", titre Sud-Ouest. D’après le journal local, une partie des matières dangereuses et des 2   200 tonnes de fuel lourd que contenait le cargo échoué dans le golfe de Gascogne, devrait souiller les côtes de Charentes-Maritimes et de Gironde dans les jours à venir. "Une nappe d’hydrocarbures se dirige vers les côtes françaises", confirme le Huffington Post, qui précise que le Grande America transportait également 2 000 véhicules. Une association de défense de l’environnement annonce qu’elle va porter plainte pour "pollution et abandon de déchets". "Deux mille véhicules, c'est une casse automobile au fond de la mer représentant des centaines de tonnes de matières toxiques dans une zone très riche en poissons, plancton et mammifères marins", accuse le porte-parole de cette ONG.

Les défenseurs de l’environnement, en France et ailleurs dans le monde, seront très mobilisés à partir de ce jeudi et dans les jours à venir. Alors que le Kenya accueille la première édition africaine du One Planet Summit, dont le but est de sensibiliser la communauté internationale à la cause écologique, Libération annonce le dépôt, ce matin, d’un recours contre l’État français pour "inaction climatique", une grève lycéenne et étudiante vendredi, ainsi qu’une grande marche mondiale samedi. "À l’échelle planétaire, la société civile, emmenée par de jeunes militants et surtout militantes, se rebiffe contre l’inaction des décideurs", salue le journal, qui a convié 30 auteurs à s’emparer, entre autres, de cette actualité. À lire notamment, avec le beau portrait de Greta Thunberg, par Jean-Marie Le Clézio. Cette jeune militante écologiste suédoise, salue l’écrivain, "n’a pas renoncé. Avec la gravité de son jeune âge, avec la science instinctive de l’enfance, elle monte à la tribune, elle dit ce que nous ne voulons pas entendre. Elle parle pour elle, pour sa génération, mais aussi pour ses enfants à naître, et au-delà des humains, pour notre Terre tout entière, dans sa précieuse et fragile beauté. Écoutons-la. Entendons-la. Il est peut-être encore temps".

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