
Près de 290 000 ha ont été ravagés par les feux de forêt qui sévissent depuis plus d'une semaine au Chili. Vendredi, un bilan faisait état d'au moins 10 morts. La présidente, Michelle Bachelet, a décrété l'état de catastrophe dans plusieurs régions.
Dix morts, des milliers de personnes évacuées, des villages rasés, cinq personnes interpellées… Le Chili est confronté depuis plus d’une semaine à des feux de forêt qualifiés par la présidente, Michelle Bachelet, de "pire désastre forestier" de l'histoire du pays.
Les flammes se sont propagées dans sept régions du centre et du sud, attisées par des températures très élevées et des vents violents. Vendredi 27 janvier, on totalisait plus de 290 000 hectares ravagés.
Menace de nouveaux foyers
Vendredi, le gouvernement chilien a annoncé que cinq personnes, soupçonnées d'être à l'origine de certains feux, avaient été arrêtées. Elles ont été interpellées dans les localités de Chepica et Linares, à quelque 280 km au sud de Santiago, dans la région de Maule, l'une des plus touchées par les incendies.
Selon le gouvernement chilien, deux pompiers, deux policiers, trois pompiers-forestiers et trois habitants des zones sinistrées ont trouvé la mort dans les flammes. Dans la région de Maule, plusieurs localités ont pu être secourues à temps. "Heureusement, on a pu évacuer tout le monde et nous n'avons pas de pertes à déplorer, sauf des dégâts matériels", a déclaré Michelle Bachelet dans une conférence de presse.
La présidente a décrété l'état de catastrophe dans les régions de O'Higgins, Maule, Biobio et Araucania. De nouveaux foyers menacent l'agglomération de Gran Concepcion, une des zones les plus peuplées du centre et du sud du pays, avec plus d'un million d'habitants.
Sur 142 foyers déclarés au niveau national, 51 étaient maîtrisés et 14 ont été éteints, selon le dernier bilan de la Corporation nationale forestière (Conaf), en charge de la gestion des forêts. Les incendies frappent en particulier des localités rurales où vivent pour l'essentiel des agriculteurs et des éleveurs de bétail.
D'importantes entreprises forestières ont également été touchées, principalement dans la région de Maule, où les flammes ont ravagé 160 000 hectares, constitués pour l'essentiel de pins et d'eucalyptus.
Plus de 4 000 personnes mobilisées
Les pertes économiques occasionnées par cette catastrophe "sont considérables et incalculables", a déclaré le ministre de l'Agriculture, Carlos Furche, tout comme les conséquences pour la faune et la flore. Plus de 4 000 personnes, pompiers, enquêteurs, carabiniers, militaires et civils, sont mobilisées pour venir à bout des incendies.
Michelle Bachelet a annoncé qu'une enquête serait ouverte pour déterminer les causes de ces incendies. "La multiplicité des foyers ne nous permet pas d'écarter qu'il y a ici une dimension intentionnelle", a estimé la présidente.
L'aide internationale commence à se mobiliser. Le ministère français de l'Intérieur a ainsi annoncé l'envoi d'une mission de reconnaissance et d'évaluation. Des spécialistes colombiens sont arrivés jeudi dans le pays pour gagner la région de Biobio et lutter contre le feu avec les volontaires déjà sur place. De l'aide a également été envoyée d'Argentine, du Brésil, d'Espagne, des États-Unis, du Mexique, de Russie ou encore du Pérou.
Un bombardier d'eau d'une capacité de plus de 73 000 litres et affrété par une fondation privée américaine a également contribué pour combattre les flammes dans les zones les plus touchées.
Des vents violents continuent de souffler et les températures sont élevées, supérieures à 38 degrés, depuis plus de dix jours, autant de facteurs qui favorisent l'avancée des flammes. À quoi s’ajoute une sécheresse persistante.
Avec AFP