
Les États-Unis et la Turquie ont décidé d'allier leurs forces pour éradiquer l'EI du nord de la Syrie mais peinent à s'entendre sur le choix des groupes syriens qu'ils pourraient soutenir. L’Otan, de son côté, a affirmé son soutien à Ankara.
Les États-Unis et la Turquie ont décidé de mener un front commun pour combattre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI) en Syrie mais n’ont pas encore scellé un accord, faute de terrain d'entente sur certains points.
En effet, les deux camps ne parviennent pas à se mettre d'accord sur les groupes syriens d’opposition qu’ils vont soutenir. "Nous devons nous asseoir avec les Turcs pour y réfléchir", a indiqué un haut responsable de la Maison Blanche qui s’exprimait sous le sceau de l’anonymat, reconnaissant qu’il était "hors de question de travailler" avec certains mouvements syriens.
>> À lire sur France 24 : "L’échec de la politique du président turc Erdogan en Syrie"
Les deux pays se sont entendus sur le principe d’un soutien aérien aux rebelles modérés - sans préciser lesquels, donc - et sur celui de la création d’une zone de sécurité qui éloignerait la menace jihadiste des frontières turques. En revanche, l'accord ne prévoit pas d'instaurer la "zone d'exclusion aérienne" réclamée par Ankara.
La double offensive d'Ankara contre l'EI et le PKK
L’Otan, de son côté, a affirmé son soutien à la Turquie. "Tous les alliés ont assuré la Turquie de leur solidarité et de leur ferme soutien", a assuré mardi le secrétaire général de l'Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg, à l'issue de la réunion des ambassadeurs des 28 pays membres de l'Alliance.
Mais si tous les participants ont reconnu à la Turquie "le droit de se défendre", certains ont plaidé en faveur d'une "réponse proportionnée" contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) afin de sauvegarder le fragile processus de paix engagé depuis 2012. Depuis plusieurs jours, la Turquie bombarde les bases arrières des rebelles du PKK dans le nord de l'Irak.
>> À lire sur France 24 : "Les Kurdes : une nation, quatre pays, une myriade de partis"
La double offensive engagée par Ankara contre le PKK et les jihadistes nourrit donc la suspicion. Certains affirment que la priorité des Turcs est la lutte contre les Kurdes, plutôt que celle contre l'EI.
"La réconcilation doit continuer"
"La défense contre les actes terroristes du PKK est justifiée mais la réconciliation doit continuer", a résumé la représentante permanente des Pays-Bas auprès de l'Otan, Marjanne de Kwaasteniet. D'autant qu'en Syrie, les Kurdes sont des alliés de la coalition internationale contre les jihadistes de l'EI.
Toutefois, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de facto décrété mardi la suspension du processus de paix avec le PKK, jugeant sa poursuite "impossible" tant que les rebelles continuent leurs attaques contre les forces de sécurité.
"La Turquie ne mène pas la guerre contre Daech [autre nom de l'EI] mais contre le peuple kurde", a dénoncé un dirigeant du Congrès national kurde (KNK), Zübeyir Aydar, en marge de la réunion de l'Otan.
Avec AFP et Reuters