
L'ancien directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn va être fixé sur son sort vendredi dans l'affaire du Carlton de Lille. En février, au terme d'un procès de trois semaines, le parquet avait requis la relaxe à son encontre.
Ce mois de juin sonnera-t-il la fin des ennuis judiciaires de DSK ? Dominique Strauss-Kahn doit être fixé vendredi 12 juin en fin de matinée sur le rôle que les juges auront décidé de lui attribuer dans l'affaire dite du Carlton de Lille, plus de trois ans après le début de sa médiatisation.
Jugé aux côtés de 13 autres prévenus, l'ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI) est accusé de proxénétisme aggravé en bande organisée et encourt en théorie jusqu'à dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende. Mais la plupart des observateurs, parties civiles comprises, pour qui l'essentiel était que le débat sur la prostitution ait lieu, s’attendent à ce qu’il bénéficie d’un non lieu. Le délibéré doit être lu devant le tribunal correctionnel à partir de 11 heures. Au terme des trois semaines de procès en février, le parquet, trouvant les charges retenues par l'instruction non étayées, avait déjà requis sa relaxe "pure et simple".
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Combatif à la barre du tribunal, DSK a farouchement nié être l'instigateur des soirées libertines auxquelles il participait et avoir été au courant de la profession des prostituées qu'il y croisait. L'ancien favori socialiste de la présidentielle 2012, a en revanche opté pour la discrétion depuis sa sortie du palais de justice de Lille. Nul doute qu'il aspirera à la tranquillité, s'il se sort de cette nouvelle épreuve judiciaire, lui qui avait vu ses ambitions politiques anéanties dès mai 2011 lorsqu’avait éclaté sous les yeux du monde entier une autre affaire à connotation sexuelle, celle du Sofitel.
L’instruction mise en cause
Tout au long du procès, le tribunal a tenté de mettre à jour le rôle des différents cercles évoluant autour de DSK dans cette affaire, depuis les anciens dirigeants de l'hôtel Carlton, d'où l'affaire est partie, à ses amis du Nord.
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Ces derniers, Fabrice Paszkowski et David Roquet, deux entrepreneurs qui organisaient les soirées, ont vu requérir contre eux des peines de deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Ils affirment n'avoir été que de simples clients de la prostitution.
L'ancien chef de la sûreté urbaine du Nord, le commissaire Jean-Christophe Lagarde, qui a participé à des voyages à Washington à l'époque où DSK y était encore en poste, a aussi bénéficié des doutes des magistrats quant à l'accusation de proxénétisme. Comme pour Strauss-Kahn, le parquet a demandé le non lieu pour lui.
Dominique Alderweireld, alias Dodo la saumure, un proxénète assumé, gérant de bars à hôtesses dans la Belgique voisine, est le seul prévenu contre qui de la prison ferme - un an - a été requis en plus d’une amende de 10 000 euros, compte tenu de ses antécédents judiciaires.
Au delà des charges retenues et de l'instruction, pilonnée à boulets rouges par la défense, le procès s'est parfois transformé en débat autour de la prostitution et de la législation qui l'entoure. "Dépassée", selon les avocats de la défense. "À compléter", pour les parties civiles.
"On peut au moins se féliciter de l'écho de ce procès dit du Carlton puisqu'en deuxième lecture, on a réintroduit la pénalisation des clients sur le projet de loi" destiné à renforcer la lutte contre la prostitution, en cours de discussion à l'Assemblée, note Me Emmanuel Daoud, avocat du Mouvement du Nid, organisme spécialisé dans la défense des prostituées.
Avec AFP