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Ebola : l'infirmière française contaminée reçoit un traitement expérimental

Après avoir été rapatriée en France, la travailleuse humanitaire de MSF contaminée par le virus Ebola a été prise en charge, vendredi, à l’hôpital Bégin, en région parisienne. Elle a été placée à l’isolement dans une chambre de confinement.

La jeune humanitaire française de Médecins sans frontières (MSF), qui a contracté le virus Ebola au Liberia, a commencé à recevoir, vendredi 19 septembre, des traitements expérimentaux à l’hôpital militaire de Bégin militaire, à Saint-Mandé, en région parisienne. Elle y a été placée en isolement "dans une chambre de confinement" et un personnel dédié lui est affecté, a précisé la ministre de la Santé, Marisol Touraine sur RTL.

L'ONU se mobilise contre Ebola

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté jeudi une résolution unanime pour mobiliser contre la progression foudroyante de l'épidémie, qualifiée de "menace pour la paix et la sécurité internationales".

C'est la première fois que le Conseil qualifie ainsi une urgence sanitaire et une des très rares fois dans son histoire où il se prononce sur une crise de santé publique. Il ne l'avait fait auparavant qu'à deux reprises, en votant des textes sur le Sida en 2000 et 2011.

La ministre s'est rendue sur place dès vendredi matin "pour saluer les équipes médicales qui sont très fortement mobilisées pour la prendre en charge. Je veux être rassurante ce matin : nous prenons en charge cette jeune femme, nous prendrons en charge d'éventuels malades dans des conditions qui sont des conditions de sécurité les plus grandes qui puissent exister", a-t-elle ajouté.

Des médicaments autorisés "à titre dérogatoire"

Un avion médicalisé ramenant la patiente française d'Afrique de l'Ouest avait atterri vers 01H30 à l'aéroport militaire de Villacoublay, près de la capitale. Une ambulance escortée de quatre motards et plusieurs véhicules avait quitté la base peu après pour rejoindre, en une demi-heure environ, l'hôpital de Bégin.

Selon un arrêté du ministère de la Santé, publié vendredi, l'importation et l'utilisation de plusieurs médicaments - Favipiravir (Japon), ZMapp (États-Unis) et TKM-100-802 (Canada) - "pour les personnes contaminées par le virus Ebola dans les établissements de santé de référence et dans les hôpitaux d'instruction des armées" ont été autorisées "à titre dérogatoire".

Marisol Touraine a également insisté sur la nécessité de continuer à envoyer des travailleurs humanitaires en Afrique. "Si nous voulons nous protéger, nous devons intervenir là-bas", a-t-elle argumenté, soulignant qu'il s'agissait d'"une épidémie gravissime d'une ampleur absolument exceptionnelle".

"Environ une cinquantaine de Français" (médecins, membres des ONG...) seraient présents dans les pays d'Afrique de l'Ouest touchés par le virus. "Si nous voulons qu'il y ait des volontaires qui partent, il faut qu'ils aient la certitude de pouvoir rentrer, vite, dans de bonnes conditions, comme cela a été le cas pour cette jeune infirmière", a-t-elle affirmé.

"Son moral est très bon"

"Il paraît que son moral est très bon", a pour sa part confié la grand-mère de la jeune femme, dont l'identité n'a pas été révélée. "Depuis des années, elle côtoie ces malades-là donc elle sait ce qu'elle risque. Elle est très consciente mais contente de pouvoir aller là-bas rendre service", a-t-elle témoigné sur RTL.

L'infirmière se trouvait au Liberia depuis "plusieurs semaines", a précisé Bertrand Draguez, directeur médical de MSF.

Il s'agit du premier cas connu de contamination parmi les Français présents dans les zones touchées en Afrique de l'Ouest. Depuis le début de l'année, l'épidémie d'Ebola a fait 2 461 morts sur 4 985 cas recensés principalement au Liberia, en Sierra Leone et Guinée, selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Avec AFP