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Retrait du titre de la CAN : la fédération sénégalaise saisit le TAS contre une "injustice"
Deux jours après la décision de la CAF d'attribuer la victoire de la finale de la Coupe d'Afrique des nations au Maroc, le président de la Fédération sénégalaise de football Abdoulaye Fall a dénoncé en conférence de presse une "décision inique" et annoncé que le Sénégal allait "défendre cette victoire".

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Le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall, lors d'une conférence de presse le 19 mars 2026 à Dakar. © Capture d'écran YouTube
01:23

C'est par une photo de l'équipe du Sénégal soulevant le trophée de champion d'Afrique le 18 janvier que la Fédération sénégalaise de football (FSF) a commencé son point-presse deux jours après l'annonce par la Confédération africaine de football (CAF) du retrait de son titre au profit du Maroc.

Dans une résolution lue en préalable de cette conférence, la FSF a réaffirmé "sans équivoque que l'équipe nationale du Sénégal est l'unique et véritable vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations 2025, un titre acquis de droit sur le terrain". Elle a ainsi annoncé avoir donné mandat à ses avocats de "saisir le TAS (Tribunal arbitral du sport, NDLR) à Lausanne, juridiction neutre et indépendante". "La FSF usera de tous les moyens légaux, institutionnels et juridictionnels possibles pour faire valoir ses droits et rétablir l'équité sportive", indique cette résolution.

Dans l'assemblée, des cris "Allez Sénégal !" ont retenti avant que le président de la fédération, Abdoulaye Fall, ne prenne la parole. "C'est une décision inique, sans précédent et incompréhensible", a-t-il aussi dénoncé.

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Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale pour contester une décision de l'arbitre qui, après avoir refusé un but au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.

Au bout de 15 minutes de confusion et dans un chaos qui avait gagné les tribunes – avec des supporteurs sénégalais lançant des projectiles et tentant d'envahir le terrain –, les joueurs sénégalais partis étaient finalement revenus sur le terrain et l'ailier marocain Brahim Diaz avait totalement manqué son penalty. Durant la prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

"C'est une affaire classée"

"Il y a eu des faits de jeu. Il y a eu des contestations. Le jeu a repris. Il y a eu un penalty qui a été tiré et raté. Le match a pris fin. On a joué les prolongations et le Sénégal a gagné par un but à zéro. On a reçu les médailles, le trophée et le prize-money. Pour nous, c'est une affaire classée", a insisté Abdoulaye Fall.

Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans remettre en cause le résultat final de ce match, avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.  Mais, mardi soir, le jury d'appel de la CAF a justifié sa décision en se référant aux articles 82 et 84 du règlement de la CAN, selon lequel si une équipe "refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match", "elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours".

"Nous savons pertinemment que sur le plan du droit, le Sénégal ne peut pas perdre ce match sur tapis vert. On ne peut pas retirer ce titre au Sénégal. Le Sénégal restera debout et va légitimement défendre sa victoire acquise sur le terrain avec le talent de nos joueurs", a ajouté Abdoulaye Fall. "Nous luttons contre une injustice, nous luttons contre une forfaiture. Je reçois des mails du monde entier qui nous disent que l’on vit une injustice. Les juristes nous disent tous que le règlement n’a pas été respecté. La bataille sera menée au TAS et le Sénégal est loti pour présenter un dossier béton. Mais c’est aussi une bataille pour l’opinion."

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"Les premiers problèmes sont apparus"

Le responsable sénégalais en a également profité pour dénoncer les problèmes auxquels la sélection a été confrontée lors de la Coupe d'Afrique organisée au Maroc. "Après notre qualification, nous avons entamé des discussions avec la CAF pour organiser notre déplacement. C’est à ce moment que les premiers problèmes sont apparus, notamment avec le site d’hébergement. À notre grande surprise, l’hôtel proposé n’était pas homologué. Il a fallu des protestations officielles pour obtenir un autre site, non sans difficultés", a-t-il notamment décrit.

Il a aussi rappelé les soucis rencontrés par les Lions de la Teranga avant la finale : "Vous avez tous vu les conditions dans lesquelles l’équipe du Sénégal est arrivée à la gare de Rabat. Il n’y avait pas de sécurité, il y avait une telle promiscuité avec les joueurs. On a voulu nous imposer le camp de base des Lions de l’Atlas pour nous entraîner avant la finale."

Abdoulaye Fall a également critiqué le choix de l'équipe d'arbitrage : "Ils nous ont fait comprendre qu’ils ne voulaient pas donner les infos sur l’identité des arbitres pour éviter les pressions possibles. On l’a su à la veille de la finale. C’était l’arbitre qui avait officié pour l’ouverture de la CAN, je n’avais jamais vu un officiel diriger l’ouverture et la finale."

Une enquête internationale demandée

Dans un communiqué publié mercredi, le gouvernement sénégalais a réclamé l'ouverture d'une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF", où l'influence marocaine est souvent montrée du doigt.

"Le Sénégal rejette sans ambiguïté cette tentative de dépossession injustifiée", a déclaré Marie Rose Khady Fatou Faye, porte-parole du gouvernement, dénonçant une décision "d'une gravité exceptionnelle" et "grossièrement illégale". Le gouvernement a fait savoir qu'il userait "de toutes les voies de recours appropriées, y compris devant les instances juridictionnelles internationales compétentes, afin que justice soit rendue et que la primauté du résultat sportif soit rétablie", souligne le communiqué.

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a assuré de son côté mercredi soir dans une allocution filmée qu'aucun pays d'Afrique n'était traité de manière "préférentielle", louant "l'indépendance" de ses instances disciplinaires. La Fédération royale marocaine de football a pour sa part salué la décision de la CAF "allant dans le sens du respect des règles".

Avec AFP