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"Africa Forward" : l'occasion pour les entreprises de "se positionner" et de trouver des partenaires
De notre envoyé spécial à Nairobi – Le sommet "Africa Forward" a débuté lundi au Kenya avec un business forum dédié au renforcement des liens économiques entre la France et l'Afrique. Des milliers d'entreprises du continent et de l'Hexagone y ont participé à l'Université de Nairobi pour étendre leurs réseaux dans l'optique, plus ou moins lointaine, de décrocher des contrats.
Le forum business du sommet "Africa Forward" , à l'Université de Nairobi, au Kenya, lundi 11 mai. © David Rich

La rencontre du "talent, de l'ambition et la vision". Lundi 11 mai, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot a lancé le coup d'envoi du sommet "Africa Forward", coorganisé par la France et le Kenya, dans l'optique de renforcer des partenariats entre l'Hexagone et l'Afrique. 

Lors de son discours d'ouverture, le chef de la diplomatie française a annoncé la signature de plus d’un milliard de dollars de contrats bilatéraux entre les deux pays - dans les domaines du transport, de l’énergie, du commerce ou de la santé - donnant le ton de ce sommet résolument axé sur l'économie. 

Quelques heures plus tard, Emmanuel Macron et son homologue kenyan Willima Ruto annonçaient à leur tour une enveloppe de 23 milliards d'euros pour le continent (14 milliards d'investissements français, public et privé, et 9 milliards d'investissements africains).

Derrières ces gros accords financiers, plusieurs milliers d'entreprises française et africaines ont participé le même jour au forum d'affaire dans la capitale kenyane, dans l'espoir de trouver de nouveaux débouchés. Reportage.

Conquérir de nouveaux marchés  

A l'Université de Nairobi, une foule dense était rassemblée lundi matin. Des commerciaux, petits patrons d'entreprises ou bien encore investisseurs tentant tant bien que mal de circuler et trouver leurs marques entre les différentes scènes thématiques installées pour l'occasion. 

“Il y a beaucoup de monde et il n’est facile de savoir qui fait quoi” commente Adil Sarhiri. Le Français de 32 ans est responsable export pour Metaluplast, premier fabricant français d’équipements sportifs, qui compte étendre sa présence sur le continent. 

“L'Afrique est au cœur de notre stratégie. Nous y développons des projets sportifs scolaires, de loisir mais aussi de haute compétition” explique le représentant de l’entreprise normande, qui espère nouer ici de nouveaux contacts avec à la clé de gros contrats. 

Au Kenya, où elle a identifié “de gros besoins”, l’entreprise espère conquérir de nouveaux marchés publics. Elle lorgne également sur la coupe d’Afrique des nations 2027, co-organisée par le pays hôte du sommet ainsi que la Tanzanie et l’Ouganda.

“Nous espérons pouvoir leur fournir des abris de touche ainsi que des buts pour les stades principaux” explique Adil Sarhiri. “Nous devons nous positionner dès maintenant sur cet évènement” souligne-t-il. 

"Africa Forward" : l'occasion pour les entreprises de "se positionner" et de trouver des partenaires
Adil Sarhiri, représentant de l'équipementier sportif français Metaluplast au sommet "Africa Forward". © David Rich

Financements et nouveaux partenaires 

Pour identifier les interlocuteurs adéquat, Adil Sarhiri s’est tourné vers Business France, qui accompagne les entreprises françaises à l’international. Présente dans un cinquantaine de pays dont le Kenya, l'organisme publique, partenaire du sommet “Africa Forward”, joue les intermédiaires. Elle y organise un “speed-dating” avec des sociétés et entrepreneurs africains.

Certains espèrent trouver des financements pour concrétiser leurs projets. C'est le cas de l'entrepreneuse kenyane Christine Ouma, fondatrice de Digit-All. La start-up propose un accompagnement technologique pour les personnes avec des besoins particuliers, sourdes ou malvoyantes. À titre d'exemple, la société développe un outil informatique de lecture automatique des textes.

“Ce type de solutions est très peu répandue ici, c’est pourquoi nous cherchons des partenariats internationaux” souligne la jeune femme originaire de Nairobi.  

“Notre objectif est double : distribuer nos solutions tout en suscitant une prise de conscience quant aux difficultés que rencontrent ces personnes dans notre société”.

"Africa Forward" : l'occasion pour les entreprises de "se positionner" et de trouver des partenaires
L'entrepreneuse kenyane Christine Ouma lors de l'événement "speed-dating" de Business France. © David Rich

Des acteurs de la finance sont également présentes comme la société française Ultimat, spécialisée dans le BTP.  “Les entreprises africaines empruntent à des taux élevés car ce sont des marchés considérés à risque, ce qui freine leur expansion” explique son représentant Rahul Salhotra, responsable des opérations en Afrique de l’ouest. “Nous leur proposons des taux plus bas pour l'achat de machines de chantiers afin de faciliter la construction d'infrastructures" poursuit-il.

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"Africa Forward" : l'occasion pour les entreprises de "se positionner" et de trouver des partenaires
© France 24
45:34

Du networking avant tout 

Dans l’espace dédié au "speed-dating", les rendez-vous s’enchainent selon un programme millimétré : chaque demi-heure un organisateur agite la cloche indiquant la fin des sessions. Le directeur général de Business France, Louis Margueritte, se félicite de la forte affluence : “nous avions estimé le nombre de rendez-vous à 400 nous en avons eu plus du double” souligne-t-il.  

Rahul Salhotra explique avoir repéré quelques profils intéressants. Mais les gros contrats ne sont pas à l'ordre du jour. Pour lui “Africa Forward” est surtout l’occasion de “revoir quelques vieux clients” et d’”entretenir son réseau”. 

Adil Sarhiri, de son coté, est parvenu à avancer ses pions. Il s’est entretenu avec un représentant de la fédération de football kenyane ainsi qu’un haut responsable tanzanien du ministère des sports. De premières approches encourageantes. Il prévoit déjà un prochain voyage en Afrique de l'Est. Avec cette fois des projets à concrétiser, espère-t-il.