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Hantavirus : le Hondius est reparti en mer vers les Pays-Bas après l'évacuation de ses 125 passagers
Le MV Hondius, bateau sur lequel un foyer d'Hantavirus a été détecté la semaine dernière, est reparti lundi vers les Pays-Bas après l'évacuation complexe mais réussie de ses passagers. Il doit arriver à destination en fin de semaine pour y subir une opération de désinfection.
Le bateau de croisière MV Hondius est reparti vers les Pays-Bas lundi 11 mai, dans la soirée. © Jorge Guerrero, AFP

"Mission accomplie". Les opérations d'évacuation du MV Hondius, qui avaient débuté dimanche 10 mai sous très haute protection, se sont achevées lundi soir, permettant à plus d'une centaine de passagers et membres d'équipage du bateau, où a été détecté un foyer d'hantavirus, de quitter le navire et d'être rapatriés par avion depuis les îles espagnoles des Canaries.

"Mission accomplie", s'est réjouie la ministre espagnole de la Santé devant la presse sur le quai du port de Granadilla de Abona, à Tenerife.

"Entre hier et aujourd'hui, nous avons évacué les 125 passagers et membres d'équipage de 23 pays, qui sont soit déjà rentrés chez eux, soit sont en train d'être rapatriés. Le navire, comme vous pouvez le constater, vient de lever l'ancre. Il a quitté le port aujourd'hui à 19 heures" (18H00 GMT). Le MV Hondius est attendu dimanche soir à Rotterdam, aux Pays-Bas, selon l'armateur.

Deux vols pour rapatrier les derniers passagers aux Pays-Bas

Le bateau ne devait en principe pas accoster en raison des risques sanitaires, et les transferts avaient commencé via des navettes maritimes, mais la détérioration des conditions maritimes lundi quand le vent s'est levé, et la formation d'une légère houle ont obligé les autorités à décréter l'amarrage du navire.

La dernière trentaine de personnes qui devaient être évacuées en sont descendue sans tarder, vêtues de combinaison intégrales de protection sanitaires bleues, et ont rejoint la terre par une passerelle, avant de monter à bord de bus spécialement affrétés pour les acheminer jusqu'au tarmac de l'aéroport de Tenerife Sud.

Moins d'une heure plus tard, deux avions les emmenaient tous vers les Pays-Bas. L'un des appareils transportait majoritairement des membres de l'équipage (17 Philippins, un Néerlandais et un Allemand) ainsi que quelques passagers de la croisière, tandis qu'un second vol, partant un peu plus tard, doit emmener six autres passagers: quatre Australiens, un Néo-Zélandais et un Britannique vivant en Australie. Ces derniers devront par la suite reprendre un autre vol vers l'Océanie.

Le corps d'une Allemande décédée de l'hantavirus toujours à bord du navire

Parallèlement, une trentaine de membres de l'équipage sont restés à bord du Hondius, accompagnés d'un médecin en direction des Pays-Bas.

Ils transportent toujours avec eux le corps d'une Allemande morte à la suite d'une contamination.

Et à leurs concitoyens qui s'apprêtent à les accueillir, il a tenu à adresser ce message d'apaisement: "Il n’y a rien à craindre, le risque est faible : ce n'est pas un autre COVID", avant de souligner l'importance de "croire en la science" et de suivre les recommandations de confinement.

Hantavirus : le Hondius est reparti en mer vers les Pays-Bas après l'évacuation de ses 125 passagers
Le bateau de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais et touché par le hantavirus, ravitaillé en carburant par un pétrolier dans le port de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, le 11 mai 2026. © Jorge Guerrero, AFP

Parmi les croisiéristes et membres de l'équipage déjà évacués et testés, un Américain et une Française ont été testés positifs à l'hantavirus, qui peut provoquer un syndrome respiratoire aigu.

Côté espagnol, les premiers résultats provisoires font état d'un cas positif et de 13 autres négatifs, ont annoncé les autorités sanitaires.

Les autres occupants du bateau sont dans l'attente de leur dépistage ou du résultat de celui-ci.

Hantavirus : le Hondius est reparti en mer vers les Pays-Bas après l'évacuation de ses 125 passagers
Des passagers américains du bateau de croisière MV Hondius, touché par l'hantavirus, sont transférés par bateau vers le port industriel de Granadilla de Abona, sur l'île de Tenerife, dans l'archipel espagnol des Canaries, le 10 mai 2026. © Jorge Guerrero, AFP

Trois personnes ayant voyagé à bord du Hondius sont mortes: dans deux cas, l'OMS a confirmé une infection à l'hantavirus, le troisième étant un cas probable. Outre ces trois décès, six cas confirmés et deux autres probables ont été signalés, selon un comptage de l'AFP à partir de données officielles.

Briser les chaînes de transmission du virus

"En raison des incertitudes persistantes et de la longue période d'incubation (pouvant aller jusqu'à six semaines, ndlr), il est possible que nous constations d'autres cas parmi d'anciens passagers et membres d'équipage dans les semaines à venir", a d'ores et déjà mis en garde Pamela Rendi-Wagner, la directrice d'une agence sanitaire de l'UE (ECDC), dans un communiqué.

Un autre passager américain présente des "symptômes légers", selon le ministère américain de la Santé, tandis que le gouvernement français a fait état de 22 cas contacts identifiés en France, appelant toutefois la population à ne pas céder à "la panique".

Hantavirus : le Hondius est reparti en mer vers les Pays-Bas après l'évacuation de ses 125 passagers
Des passagers embarquent à bord d'un avion à destination des États-Unis, évacués du bateau de croisière MV Hondius, touché par l'hantavirus, à l'aéroport de Sud-Reina Sofia, sur l'île de Tenerife, dans les îles Canaries espagnoles, le 10 mai 2026. © Antonio Sempere, AFP

La crise à bord du MV Hondius a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, même si l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) martèle que la situation actuelle n'est pas comparable à celle de 2020.

La variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, est une souche rare qui peut se transmettre d'être humain à être humain.

L'hantavirus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive.

"L'isolement des malades mis en place sans délai interrompt rapidement la chaîne de transmission", a expliqué auprès de l'AFP Raúl González Ittig, biologiste pour l'Agence nationale de recherche scientifique de l'Argentine, un pays confronté à un foyer d'hantavirus qui a fait 11 morts en 2018-2019.

Avec AFP