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Premier tir d'essai validé pour le FLP-2 150, l'alternative française aux Himars américains
Thales et ArianeGroup, géants français de l'industrie de la défense, ont validé mardi un tir d'essai de leur nouveau missile balistique de longue portée, le FLP-T 150, sur l'île du Levant. Avec cette innovation militaire, la France cherche à concurrencer les systèmes Himars américains, dans un contexte de renforcement de la souveraineté nationale et de doutes sur la question de l'armement de l'Ukraine.
Un missile est lancé depuis un lance-roquettes unitaire lors d'un exercice militaire, sur le site de tir de l'île du Levant appartenant à la DGA française, le 25 novembre 2025. © Clément Mahoudeau, AFP

Thales et ArianeGroup ont déclaré mardi 12 mai avoir réalisé à leur tour un premier tir d'essai de leur nouveau missile balistique de longue portée, une semaine après une annonce similaire du consortium concurrent.

L'essai de FLP-T (frappe longue portée terrestre) 150 s'est déroulé "avec succès le 5 mai sur le site de l'île du Levant", dans le sud-est de la France, ont annoncé les deux entreprises en promettant de dévoiler le nom de cette munition au salon international de défense Eurosatory en juin. 

Une concurrence nationale et internationale

La semaine dernière, le français Safran et le missilier européen MBDA ont annoncé avoir tiré avec succès leur roquette Thundart le 14 avril. 

Les deux solutions, capables d'atteindre des cibles à 150 kilomètres et qui doivent être opérationnelles d'ici 2030, viendront concurrencer les systèmes Himars américains, qui ont prouvé leur efficacité en Ukraine. 

À ce jour, l'armée de terre française dispose de neuf lance-roquettes unitaires, version modernisée d'un système développé par l'américain Lockheed Martin capable d'atteindre des cibles à 70 kilomètres, qui doivent être remplacés prochainement.

La Direction générale de l'armement française (DGA) a lancé en 2023 un programme baptisé "Frappe longue portée terrestre" que lorgnent les deux offres concurrentes Thundart et FLP-T 150.

Deux offres "souveraines"

À priori, une seule devrait être retenue. Les deux offres se présentent comme "souveraines", résistantes au brouillage et "Itar free", c'est-à-dire conçues sans composants ni technologies soumis aux règles américaines d'exportation d'armements (Itar), afin d'éviter toute dépendance et toute restriction d'usage ou de transfert imposée par Washington. 

"Sur la base des technologies que nous mettons en œuvre pour développer cette munition, on pourra développer un certain nombre d'évolutions (...) allant jusqu'à la munition stratégique" avec une portée de 2 500 kilomètres, a déclaré Hervé Dammann, responsable des systèmes terrestres et aériens de Thales, en soulignant "la capacité à livrer rapidement et à monter en cadence". 

"Un avantage concurrentiel"

Pour Vincent Pery, directeur des programmes de défense chez ArianeGroup, c'est l'expertise balistique "unique en Europe" de l'entreprise, concepteur et fabricant des lanceurs Ariane, qui fait la différence. 

Le système de pilotage à l'arrière de la munition permet de mieux maîtriser sa trajectoire et lui confère une précision accrue, a-t-il ajouté. 

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La capacité, à terme, de produire des missiles pouvant atteindre 2 500 kilomètres de portée constitue un avantage concurrentiel mis en avant par ArianeGroup, qui se réfère au discours récent d'Emmanuel Macron ayant "esquissé le principe des frappes dans la profondeur ou la très grande profondeur, qui correspond à des portées qui vont entre 1 000 et 2 500 kilomètres", a souligné Vincent Pery.

Avec AFP