
Le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré lundi qu’il y avait une "forte probabilité" pour que les Russes interviennent militairement en Ukraine sous prétexte d’une urgence "humanitaire" dans l'est du pays.
Ce n’est pas la première fois que l’Otan met en garde contre une invasion russe dans l'est de l'Ukraine. La semaine dernière, l’organisation internationale s’alarmait de l’arrivée de 20 000 soldats russes, massés près de la zone limitrophe. Mais ce lundi 11 août, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’Otan, a ouvertement déclaré qu’il existait une "forte probabilité" pour que Moscou intervienne militairement dans le pays voisin.
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Ces craintes sont fondées sur le fait que l’Alliance atlantique n’a pas enregistré de signes de retrait de ces troupes russes alors que l'Otan a sommé Moscou de retirer ses soldats. "Nous voyons les Russes mettre au point un discours et une excuse à une [...] intervention sous le prétexte d’une opération humanitaire […]", a déclaré Rasmussen.
Ces derniers jours, la Russie justifie en effet sa présence le long de la frontière en soulignant la nécessité de "mesures d’urgence" humanitaire dans le Donbass. A Donetsk, par exemple, ville tenue par les séparatistes prorusses, Moscou s'émeut du sort de la population "encerclée" par l’armée ukrainienne. "Des civils sont tués dans des tirs d'artillerie (...) les médicaments ne sont plus livrés, les produits alimentaires s'épuisent", a souligné le nouveau "Premier ministre" séparatiste prorusse, Alexandre Zakhartchenko.
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Les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont déjà prévenu : ils jugent "illégale" toute intervention russe dans le pays voisin. John Kerry, le chef de la diplomatie américaine, a déclaré qu’il n'était pas question que la Russie intervienne en Ukraine "par le biais de convois humanitaires ou tout autre prétexte de ‘maintien de la paix’".
Donetsk, la plus grande ville du bassin minier du Donbass (un million d'habitants avant les hostilités) est depuis plusieurs jours le théâtre d'intenses combats entre les insurgés pro-russes et les forces ukrainiennes qui ont tué plusieurs civils ces derniers jours, notamment après la chute d'un obus sur un hôpital.
Avec AFP