
Après dix mois de captivité en Syrie, les quatre journalistes français libérés samedi ont atterri dimanche matin sur la base militaire d'Évreux (Eure) avant d'être transférés puis accueillis à celle de Villacoublay (Yvelines).
Au lendemain de leur libération, les quatre journalistes français, ex-otages en Syrie, sont arrivés dimanche matin en hélicoptère sur la base de Villacoublay, au sud de Paris.
Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torrès ont tous les quatre rasé leur abondante barbe, signe de leur dix mois de captivité, arborant des visages glabres et toujours souriants.
À leur descente d'hélicoptère, ils ont d'abord embrassé, sur le tarmac, le président François Hollande, accompagné du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, avant de se jeter dans les bras de leurs familles. Nicolas Hénin, qui avait confié samedi ses premières impressions sur l’antenne de FRANCE 24, a embrassé ses deux jeunes enfants et sa femme.
Pantalon beiges et vestes polaires, amaigris, visiblement fatigués, les anciens otages arrivaient d'Evreux, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Paris, où leur avion venu de Turquie s'était posé très tôt dans la matinée.
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Face aux médias, François Hollande leur a rendu hommage, mettant en avant leur dévotion pour "servir la liberté de la presse", affirmant que la France était "fière d'avoir des compatriotes de cette valeur".
"Ça a été long, mais on n’a jamais douté. […] On a vraiment cette chance d’être Français", a déclaré en écho Didier François, l’un des ex-otages.
"Un mois et demi enchainés les uns aux autres"
Pour l’heure, peu de détails ont filtré sur les conditions de la libération des quatre hommes. Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, abien précisé qu'il n'y avait "pas eu de rançon" mais des "négociations".
Toutefois, Alain Marsaud, député UMP des Français de l'étranger, a estimé que "si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place [...] Nos amis, soit qataris soit des Emirats arabes unis, ont dû faire un geste. Est-ce que ce geste c'est de l'argent, est-ce que ce geste ce sont des armes ? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais."
Peu de chose ont également été dévoilées sur les conditions de détention des otages. Au sortir de l'hélicoptère, Didier François a tout de même confié qu'ils avaient passé "dix mois complets dans des sous-sols, sans voir le jour", et "un mois et demi entièrement enchainés les uns aux autres".
"Depuis quelque temps, on avait des nouvelles régulières toutes les trois semaines sur le fait qu'ils étaient détenus ensemble, pas isolés, et qu'ils n'avaient pas subi de trop mauvais traitements", avait auparavant expliqué Fabien Namias, directeur général de la radio Europe 1, pour qui travaillaient deux des otages.
"On savait qu'ils allaient bien, qu'ils étaient plusieurs dans une même cellule, que leur santé avait l'air d'aller, qu'ils avaient le droit d'aller aux toilettes deux fois par jour, et qu'il n'y avait pas de maltraitances", a raconté Karen Lajon, porte-parole du comité de soutien des otages en Syrie.
Dimanche, lors du "Grand rendez-vous" I-télé/Europe 1/Le Monde, Laurent Fabius a par ailleurs confirmé que certains des geôliers des quatre journalistes parlaient français. "Il y a des Français, des Belges, des Italiens, des Européens en général, qui sont partis faire le djihad" en Syrie, a-t-il expliqué.
Didier François, 53 ans, grand reporter à Europe 1, et le photographe indépendant Edouard Elias, 23 ans, avaient été enlevés au nord d'Alep le 6 juin 2013. Le 22 juin, deux autres journalistes avaient été capturés à Raqqa : Nicolas Hénin, 37 ans, reporter à l'hebdomadaire Le Point, et Pierre Torrès, 29 ans, photographe indépendant.
Avec AFP