
Des magistrats financiers français ont mis en examen Teodorin Obiang, le fils du président de Guinée équatoriale dans le cadre de leur enquête sur les biens mal acquis. Il est soupçonné de blanchiment de fonds publics étrangers.
Du nouveau dans l'affaire des "biens mal acquis". Le fils du président de Guinée équatoriale et par ailleurs, vice-président de son pays, Teodorin Obiang, a été mis en examen mardi 18 mars pour blanchiment, a-t-on appris mercredi de source judiciaire et auprès de son avocat, qui confirmait une information de M6.
"Nous avons toujours dit qu'il ne cherchait pas à se soustraire à la justice. Il fallait que cet interrogatoire de première comparution se déroule dans des conditions compatibles avec les fonctions qu'il exerce et avec l'immunité qui s'y attache", a précisé Me Emmanuel Marsigny, l'avocat de Teodorin Obiang. Cette mise en examen a été notifiée lors d'une audition organisée par visio-conférence, a-t-il ajouté.
Selon Me Marsigny, lors de l'audition, Teodorin Obiang a refusé de répondre aux questions sur le fond, toujours au nom de son "immunité de juridiction totale à l'étranger", qui n'a pas été levée par les autorités de son pays.
Protégé par son immunité
Depuis décembre 2010, des magistrats financiers sont chargés d’enquêter sur les conditions dans lesquelles trois chefs d'État africains - Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang et le défunt président gabonais Omar Bongo - ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France.
Les magistrats avaient lancé à l'été 2012 un mandat d'arrêt international contre Teodorin Obiang après son refus de répondre à une convocation des juges. Il avait invoqué son statut de vice-président de son pays, qui octroie à ses yeux une immunité de juridiction.
Eu égard à cette immunité, Teodorin Obiang entend désormais saisir la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris d'une "requête sur la légalité de cette mise en examen".
Avec AFP