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Des militants français de la "Flottille pour Gaza" dénoncent des violences en détention en Israël
De retour en France après leur interception en Méditerranée par Israël, plusieurs militants français de la "Flottille pour Gaza" accusent les forces israéliennes de violences physiques, d'humiliations et d'agressions sexuelles durant leur détention. L'administration pénitentiaire israélienne a démenti ces accusations.
Une militante française de la "flottille pour Gaza", à son arrivée à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle en France, le 22 mai 2026. © Simon Wolhfart, AFP

Sous les cris "Et vive la lutte du peuple palestinien" lancés par les dizaines de personnes venues les accueillir, huit Français sont arrivés dans l'après-midi du vendredi 21 mai à l'aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy.

Plusieurs de ces militants pro-palestiniens français de la "Flottille pour Gaza", capturés en Méditerranée par Israël puis expulsés vers la Turquie, ont fait état à leur retour de "violences", "attouchements" et "humiliations" imposés par les forces israéliennes lors de leur détention.

Cette Française de 38 ans a affirmé, émue, que sur ce bateau la transférant en Israël, un soldat "a commencé à [lui] toucher la poitrine. Ensuite j'ai pris des grosses claques assourdissantes au niveau de la tête, les attouchements ont continué."

À Ashdod, dans le sud d'Israël, "on a eu affaire à la police de Ben Gvir, qui a été extrêmement violente avec nous, humiliante, déshumanisante", a ajouté cette aide-soignante, en référence au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

Des militants français de la "Flottille pour Gaza" dénoncent des violences en détention en Israël
Des militants français de "la flottille pour Gaza", arrivent à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, le 22 mai 2026. © Simon Wohlfart / AFP

Mercredi, cette figure de l'extrême droite avait provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son propre gouvernement, en publiant une vidéo de dizaines de militants, humiliés, agenouillés, front contre le sol, les mains liées.

Aux toilettes avec les menottes

Adrien Bertel, 33 ans, a évoqué "des passages à tabac" dans le noir. "Moi par exemple, j'avais du vernis sur les ongles, ils m'ont tout de suite dit 'gay' – homophobie assumée. Du coup, couche de violence supplémentaire", a assuré le trentenaire.

Des militants français de la "Flottille pour Gaza" dénoncent des violences en détention en Israël
Image tirée d'une vidéo diffusée le 20 mai 2026 sur le compte X du ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, montrant des militants détenus, membres de la "Flottille pour Gaza". ©Compte X d'Itamar Ben Gvir/AFP

"Pendant 36 heures, on a dormi avec les menottes, dans le dos, on est allé aux toilettes avec les menottes, c'est un effet de torture assez important quand même", a dénoncé Yasmine Scola, 29 ans. Elle a parlé de "parades" humiliantes auxquelles étaient soumises les femmes, parfois "agenouillées", devant des soldats les insultant ou rigolant.

Sollicitée un peu plus tôt par l'AFP pour réagir à des accusations de violences physiques et psychologiques, harcèlement sexuel, agressions et viols, l'administration pénitentiaire israélienne les a qualifiées de "fausses et dénuées de tout fondement factuel".

Partis de Turquie, les quelque 430 militants de la "Global Sumud Flotilla" ("sumud" signifie "résilience" en arabe) voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël.

Avec AFP