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L'Iran revendique des attaques de drones contre le Bahreïn, la Jordanie et le Koweït
Après de nouvelles frappes américaines sur le territoire iranien, l'Iran a lancé, vendredi, des attaques de drones sur ses voisins du Golfe au Bahreïn, en Jordanie et au Koweït. Dans la soirée, l'Arabie saoudite a lancé des frappes sur la ville de Hodeïda sur la côte ouest du Yémen, contrôlée par les rebelles houthis.
Cette capture d'écran, extraite d'une vidéo diffusée le 16 juillet 2026 par le site Sepah News des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), montre le lancement d'un missile depuis un lieu non divulgué vers des cibles américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn. © AFP

L'Iran a de nouveau riposté tous azimuts, vendredi 24 juillet, après une nouvelle nuit de bombardements des États-Unis contre son sol.

D'après des médias iraniens, l'armée américaine a ciblé huit provinces, notamment celles de Markazi, Yazd et Ispahan, soit davantage vers l'intérieur du territoire iranien, après avoir surtout visé les régions bordant le Golfe. 

Téhéran a revendiqué, pour sa part, des attaques contre des installations utilisées par l'armée américaine à Bahreïn, en Jordanie ainsi qu'au Koweït.

"Ce matin, des drones kamikazes Arash ont pris pour cible les réservoirs de carburant, les grands entrepôts de matériel, les silos et les casernes des forces de l'armée terroriste américaine sur la base aérienne Isa à Bahreïn", a déclaré l'armée iranienne, selon la télévision d'État, tandis que les autorités bahreïnies disaient avoir repoussé plusieurs attaques.

Sur place, un journaliste de l'AFP a entendu de fortes explosions après le déclenchement de sirènes d'alertes.

L'Iran affirme avoir frappé un centre de données d'Amazon

Les Gardiens de la révolution, puissante force armée de la République islamique, ont également affirmé avoir causé "d'importants dégâts" à une tour de surveillance de la Cinquième flotte de la marine américaine, et détruit un centre de données d'Amazon à Bahreïn. Ni le géant du commerce en ligne, ni les autorités de Bahreïn n'ont commenté à ce stade.

L'armée iranienne a, par ailleurs, revendiqué des attaques de drones contre la Jordanie où "des hangars pour aéronefs, hangars de maintenance aéronautique et des casernes" à la base d'Al-Azraq ont été visés.

Sept missiles et six drones iraniens ont été abattus, selon la Jordanie.

Au Koweït, l'Iran a affirmé avoir ciblé la base aérienne Ali al-Salem, détruit des "dépôts de matériel de l'armée" américaine à Camp Udairi ainsi que des installations militaires à la base américaine de Camp Arifjan. 

L'Iran considère comme cible légitime toute installation au Moyen-Orient mise à disposition de l'armée américaine pour frapper son territoire, et les Gardiens de la révolution ont appelé, vendredi, les civils au Moyen-Orient à s'écarter de tout site abritant des forces américaines.

"Pour chaque fier citoyen iranien de la République islamique tué, un soldat américain sera envoyé en enfer", a aussi menacé le chef de l'armée Ali Abdollahi.

Frappes saoudiennes contre Hodeïda au Yémen

Dans la soirée de vendredi, l'Arabie saoudite a lancé des frappes sur la ville de Hodeïda sur la côte ouest du Yémen, contrôlée par les rebelles houthis, ont indiqué les médias rebelles.

Une source sécuritaire a déclaré à l'AFP que des sites houthis avaient été touchés.

Dans la journée les rebelles houthis du Yémen avaient  indiqué que leur blocus maritime contre l'Arabie saoudite n'avait pas vocation à paralyser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, après une attaque confirmée contre un navire saoudien.

"Il n'y a pas de fermeture de Bab el-Mandeb, comme certains le suggèrent", a soutenu Mohammed Abdusalam, un négociateur du groupe pro-iranien, ajoutant que les rebelles se limiteraient à "un blocus n'affectant que la partie saoudienne".

Les rebelles houthis avaient annoncé, lundi, vouloir entraver le trafic en mer Rouge et dans le golfe d'Aden des navires d'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut. Ils l'avaient déjà fait pendant la guerre de Gaza, quand ils avaient mené des attaques de drones et de missiles dans la zone.

Le pétrole repasse sous les 100 dollars

Cette semaine, les Houthis ont adressé des avertissements radio à des navires dans la région, menaçant de prendre pour cible ceux "appartenant à l'ennemi saoudien" qui tenteraient de se frayer un passage. Ils ont aussi revendiqué jeudi après des attaques contre deux tankers saoudiens.

Une source officielle saoudienne a confirmé qu'un navire appartenant à une société saoudienne avait été "pris pour cible", provoquant un incendie, selon l'agence officielle SPA. L'autre attaque revendiquée n'a pas été confirmée.

Selon des données analysées par l'AFP mercredi, neuf bateaux ont fait demi-tour à la suite de l'annonce du blocus, mais certains ont depuis repris leur route.

Après avoir flambé jeudi, les cours du pétrole ont nettement reflué vendredi, le prix du baril de Brent repassant sous les 100 dollars, loin cependant de l'accalmie qui avait suivi la signature d'un protocole d'accord irano-américain mi-juin.

Avec AFP