Berlin a annoncé, vendredi, des mesures d'allègements du prix du carburant, quelques jours après que le chancelier Friedrich Merz s'est engagé a faire un geste pour les consommateurs touchés par la flambée des prix. Ces mesures ont été annoncées avant deux scrutins régionaux à haut risque pour le pouvoir, fragilisé par une récente victoire du parti d'extrême droite AfD.
Le gouvernement allemand a annoncé, vendredi 18 septembre, des mesures d'allègements du prix du carburant, avant deux scrutins régionaux cruciaux pour l'avenir du chancelier Friedrich Merz.
Ces mesures, adoptées par la coalition alliant les conservateurs et les sociaux-démocrates, ainsi que les dirigeants des régions, prévoient un rabais fiscal sur le prix du carburant, qui doit s'appliquer à partir du 1er octobre et jusqu'à la fin de l'année.
Il est également prévu que "le gouvernement allemand mène des discussions avec l'industrie pétrolière avec pour objectif d'introduire, au plus tard le 1er janvier 2027, un plafonnement du prix du carburant sur le modèle du Luxembourg ou de la Belgique", écrit le gouvernement allemand, dans son communiqué.
"Ceux qui dépendent de leur voiture tous les jours ont atteint leur limite. Nous montrons que (...) nous aidons les citoyennes et les citoyens. C'est un signal fort pour notre pays", a lancé le dirigeant conservateur Friedrich Merz, cité dans le communiqué.
Dès mardi, il avait promis d'apporter "bientôt" des solutions pour soulager les Allemands étranglés par les prix à la pompe. Différentes pistes avaient été ensuite évoquées par différents ministres.
Comme le reste de l'Europe, l'Allemagne subit les perturbations du marché mondial provoquées par la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du Détroit d'Ormuz, aggravées ces derniers jours par le nouveau front entre les Houthis pro-iraniens du Yémen et l'Arabie saoudite.
Impopularité record
La nouvelle flambée des prix des carburants est un problème de plus pour Friedrich Merz, à l'impopularité record et fragilisé par le récent triomphe de l'extrême droite au scrutin régional de Saxe-Anhalt le 6 septembre.
Dimanche, son parti, l'Union chrétienne démocrate, sera mis à mal dans deux élections régionales à Berlin et dans le Land de Mecklembourg-Poméranie Occidentale (nord-est), où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) devrait de nouveau fortement progresser.
Dans le détail, le gouvernement allemand va réduire la taxe sur l'énergie pour l'essence et le diesel de 14 centimes par litre du 1er octobre à fin 2026.
TVA comprise, l'allègement fiscal sur les carburants s'élèvera à 17 centimes par litre. Une mesure similaire avait déjà été instaurée en mai et juin par le gouvernement de Friedrich Merz.
"Au total, les consommateurs et les entreprises allemandes verront leur facture carburant s'alléger d'environ 2,5 milliards d'euros", estime le gouvernement allemand. Les 16 États régionaux contribuent pour moitié à cet allègement, à hauteur de 1,25 milliard d'euros, selon le communiqué.
Le gouvernement indique également qu'"il continuera de suivre de près l'évolution des prix et les éventuelles conséquences économiques, afin soulager de manière ciblée, le cas échéant, les personnes et les entreprises particulièrement touchées".
Taxe de l'UE ?
Le gouvernement allemand s'est par ailleurs "félicité" dans son communiqué "des discussions au sein de l'Union européenne visant à examiner des mesures à l'égard de l'industrie pétrolière".
Vendredi, le ministre allemand des Finances, le social-démocrate Lars Klingbeil, avait plaidé lors d'une réunion avec ses pairs européens à Dublin pour l'instauration d'une taxe de l'UE sur les superprofits des groupes pétroliers, qui sont alimentés par le conflit au Moyen-Orient, une piste que la Commission européenne continue d'écarter.
En août, il avait déjà mis cette demande sur la table avec les ministres des Finances de l'Italie, de l'Autriche, de la Pologne et du Portugal, ainsi que la ministre de l'Économie de l'Espagne. Mais leurs demandes sont restées jusqu'ici lettre morte.
Vendredi, le ministre irlandais des Finances, Simon Harris, dont le pays exerce la présidence tournante de l'UE, a fait valoir que la mesure de loin la plus efficace pour lutter contre les prix élevés des carburants restait "une désescalade au Moyen-Orient et la réouverture du détroit d'Ormuz".
Avec AFP
