
Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, quittant le siège de la Police fédérale où Jair Bolsonaro est détenu, à Brasilia, le 25 novembre 2025. © Evaristo Sa, AFP (archives)
Malmené par des crises en rafale, Flavio Bolsonaro a été investi samedi candidat à l'élection d'octobre au Brésil contre le président Lula, et s'est assumé en héritier de son père, l'ex-chef de l'État d'extrême droite Jair Bolsonaro, détenu pour tentative de coup d'Etat.
"Je peux être plus calme, plus souriant, plus tranquille et modéré, mais ici coule le sang de Bolsonaro!", a-t-il lancé en se tapotant le bras. Selon lui, le Brésil "peut faire de grands pas vers une dictature" si le champion de la gauche Luiz Inacio Lula da Silva décroche un quatrième mandat non consécutif.
Ce sénateur de 45 ans était peu connu au niveau national avant que l'ex-président (2019-2022), aujourd'hui emprisonné pour tentative de coup d'Etat, ne le désigne comme son héritier politique.
Porté par son patronyme, il est vite devenu le principal adversaire du président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva pour l'élection d'octobre. Dans ses entretiens, Flavio se décrit comme un "Bolsonaro plus modéré", mais affirme que son père restera sa "boussole".
Adoubé par Milei
Avec le président ultralibéral argentin Javier Milei en invité vedette, le Parti libéral (PL), principale formation conservatrice du Brésil, a tenu devant un millier de personnes, dans la mégalopole Sao Paulo, sa convention pour mettre sur orbite le sénateur Bolsonaro, 45 ans.
La campagne qui s'ouvre est d'ores et déjà placée sous le signe du président américain Donald Trump, allié de la famille Bolsonaro, qui vient d'infliger deux vagues de droits de douane punitifs au Brésil pour de présumées pratiques commerciales déloyales.
Référence d'une droite en pleine ascension en Amérique latine, Javier Milei a mis en garde contre "le risque Lula" en octobre, dans un discours enflammé où il a affirmé que le Brésil doit sortir de "sa soumission au gauchiste".

Flavio Bolsonaro a pleuré en évoquant son père, qui est apparu dans une vidéo réalisée par intelligence artificielle. La justice lui interdit de s'exprimer publiquement depuis qu'il purge sa peine de 27 ans de prison en résidence surveillée.
Souvent vêtus du maillot de l'équipe brésilienne de foot, adopté comme symbole par les bolsonaristes, les sympathisants ont crié à plusieurs reprises "Lula voleur!", au milieu des tambours et des drapeaux dans un hangar attenant au stade du Pacaembu.
Après un bon démarrage qui l'avait placé au coude-à-coude avec son rival, le fils aîné de Jair Bolsonaro a perdu de son élan ces dernières semaines. Selon une enquête publiée vendredi par l'institut Datafolha, Lula obtient 48% d'intentions de vote, et lui 43%.
"Petite jalousie"
La mauvaise passe a commencé lorsque le site Intercept Brasil a révélé en mai un message audio que Flavio Bolsonaro avait envoyé à Daniel Vorcaro, banquier arrêté depuis pour une vaste fraude financière, afin de lui demander de l'argent pour financer un film sur son père. Flavio Bolsonaro a récusé toute malversation et toute "intimité" avec le banquier.
Un autre front s'est ouvert au sein même de sa famille en juin, lorsque sa belle-mère Michelle Bolsonaro s'est plainte sur les réseaux sociaux d'une "humiliation" qu'il lui aurait fait subir lors d'une conversation téléphonique.
L'ex-première dame est essentielle au camp conservateur pour attirer les électrices et le puissant courant évangélique.

Jeudi, après des excuses de son beau-fils, Michelle Bolsonaro lui a, dans une chorégraphie parfaitement huilée, accordé son pardon, scellant une réconciliation.
Absente samedi, Michelle Bolsonaro a apporté son soutien à Flavio Bolsonaro dans une vidéo, de même que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
"Traître"
Donald Trump complique aussi la donne pour le prétendant de droite. Se campant en défenseur de la "souveraineté" brésilienne, Lula accuse Flavio Bolsonaro d'être un "traître" qui soutient la guerre commerciale lancée par Washington contre Brasilia.
Les nouveaux droits de douane américains imposés sur des produits brésiliens surviennent après une première surtaxe en 2025 infligée en représailles au procès de Bolsonaro père.
Cette sanction commerciale initiale, poussée par un frère de Flavio Bolsonaro, Eduardo, a été en partie annulée après un bref rapprochement entre Lula et son homologue américain.
Récemment, Flavio Bolsonaro avait demandé à l'administration Trump de renoncer à de nouveaux droits de douane, afin que Lula ne tire pas profit politiquement des pressions américaines. En vain.
Avec AFP
